Jean-Marc Gauthier

 

Monologues

 

 

 

 

Laisser passer la lumière

(Conseillers et conseillères au service de l'éducation chrétienne + profs. de morale et religion. Re-présentation : le 4 novembre 1999 à Québec)

 

 

MUSIQUE

 

Il fait bien noir ici ! Où est passée la lumière ? Où est passée la lumière ? (la lumière s'allume)

Ah ! Enfin ! Mais pas trop quand même ! Trop de lumière ça aveugle ! Quand il fait noir, on voit ne rien. Et quand il y a trop de lumière, on ne voit rien non plus. Compliqué! Ah! je vous vois là.

Salut ! Ça va ? Moi, plus ou moins...plutôt moins que plus, en fait. La vie n'est pas toujours drôle, vous savez... même pour un clown.

Je me présente: Bozo, clown pour adultes. J'aurais bien voulu être un vrai clown, un clown pour enfants. Mais quand je suis allé à l'école des clowns, j'ai échoué aux examens. Pas assez drôle, paraît-il. Peut-être que j'avais été mal conseillé. Pourtant un mauvais conseiller, ça n'existe pas. Ça dépend ce que tu fais avec les conseils. En tout cas, ça a été difficile à prendre. Et Pas assez drôle, pour un clown, c'est tragique.. Alors j'ai changé d'orientation. Je me suis recyclé dans les adultes. Clown pour adultes recyclé.

Je ne suis quand même pas venu ici pour vous conter ma vie. Surtout que ce n'est pas drôle. Non la vie n'est pas toujours drôle, pas toujours rose,

Pour vous avouer franchement, j'ai attrapé LA MO-ROSE. C'est une vraie maladie, tu peux attraper ça n'importe où. C'est comme un cancer ou un sida spirituel. Tu peux attraper ça par la communication, entre autres. Tu te ramasses un soir avec une gang de monde et là on commence à dire comment ça va mal, les problèmes qu'on a, les problèmes de la société, les problèmes de famille, de couples, les jeunes, les vieux, les autres, l'Église...les j'en passe... ça va mal et là, sans trop t'en rendre compte, la morosité s'instaure... tu pognes la morose. Tu l'as dans toutes les pores de la peau, dans tous les recoins de l'âme. T'as beau essayer de t'en débarrasser, ça te colle après... la morose.

Il y en a qui ont les bleus, moi j'ai la mo-rose, plus mort que rose d'ailleurs. J'ai le sentiment qu'il n'y a rien qui marche - qui fonctionne, devrais-dire, qui fonctionne ? un fonctionnaire ça fonctionne mais un marcheur ça marche, parce qu'on marche, oui on marche, on court même mais on s'en va nulle part. On dirait que tout est remis en question, l'horizon est bouché ; ma place dans la société est remise en question... oui, ma place dans la société.

On a encore sorti un rapport- je ne sais même pas comment ça s'appelle - le Rapport Trou, je pense. Je sais pas, je l'ai à peine lu. En tout cas c'est comme ça que je me suis senti, avec le peu que j'ai lu ; c'est comme si on me disait : - Prends ton trou. Non je pense plutôt que c'est le Rapport Flou, oui c'est ça: le "Rapport Flou". En tout cas, paraît-il que d'après ce rapport, il y a bien des choses qui devraient changer. À commencer par les clowns. Car il semble qu'on n'a plus besoin de clowns dans notre société - et je ne parle pas de l'Église qui, elle pourtant, en aurait bien besoin. On veut bannir les clowns. C'est vrai que je ne suis pas si drôle que ça... mais ce n'est pas une raison, non c'est pas une raison. Ah ! j'ai la morose.

 

Chanson:

 

J'ai la morose

 

J'ai la morose

Y a rien qui marche

J'ai la morose

Faut bien que ça se sache

J'ai la morose

C'est comme une tache

Ça m'indispose

Qu'y ait rien qui marche

 

J'ai la morose

J'ai la morose

 

J'ai la morose

Qu'y ait rien qui marche

Que tout explose

Et qu'y ait pas d'arche

Ça m'indispose

Et je veux qu'on le sache

En larmes roses

Mes bleus se cachent

 

J'ai la morose

J'ai la morose

 

Musique

 

J'ai la morose

J'ai la morose

Et je m'expose

Sans armes ni roses

 

Musique

 

Aimeriez-vous ça vous autres que ce que vous faites, du mieux que vous le pouvez... eh ! bien, qu'on vous dise: on ne sait pas si ça a du sens. Peut-être que ça va tomber, peut-être qu'on va vous laisser tomber. Je suis sûr que vous n'aimeriez pas ça. Mais vous ne pouvez pas comprendre, vous ne savez pas ce que c'est.

Vous n'êtes pas des clowns, vous autres Vous êtes des gens importants. Des conseillers, conseillères, des professeur...res. Vous n'êtes pas des clowns. CHANCEUX! Parce que la vie de clown, c'est pas drôle. On ne sait pas ce qui nous attend. On ne sait jamais s'il n'y a pas un rapport Clou qui va nous tomber sur la tête... comme un déluge, sans arche et sans Noé.

 

J'ai la morose

J'ai la morose

 

Un jour comme ça il m'est tombé un déluge verglaçant sur la tête. Ah ! je n'étais pas tout seul. On s'est retrouvé une gang, comme ça. Le grand Black out, la nuit envahissante et persistante. Le grand verglas nocturne. Et là tu sens tous tes pylônes qui tombent l'un à près l'autre comme des dominos, tes sécurités qui s'écroulent. Et tu constates que tu n'es plus branché. Le courant ne passe plus. Plus de chaleur, plus de lumière. - Où est passée la lumière ? - Il te reste ton cellulaire. Tu appelles Hydro-Québec, source de chaleur et de lumière : - Ici Hydro-Québec, pour les services en anglais, faites le 1 ; tu passes. Pour les services en français, faites le 2 : tu pèses. Et là on te dit : pour tous les services faites le 3 : tu repèses. Et là une voix virtuelle te dit : - Il n'y a plus de service(s) au numéro que vous avez composé. Nous sommes débranchés. (Vous auriez pu nous le dire avant!) Et là tu te dis : si la source est débranchée... Prenant ton courage à deux mains, tu appelles à ce que tu crois être un pallier supérieur : la source des sources. On te répond : - Ici Hydro-ciel, bonjour. Je suis l'ange-répondeur du divin. À qui voulez-vous parler ? - Un peu timidement, tu oses répondre : Au divin, si c'est possible. - Ah! monsieur veut parler au divin. Eh bien le divin, il n'est pas là le divin. Il est absent. Il s'est fatigué le divin d'attendre des appels qui ne venaient pas et il est parti. Mais il a laissé cette cassette, si vous voulez l'entendre. - Je veux bien, je veux bien : - Je suis... je suis Dieu, le Grand Tout Partout ; peut-être que vous vous rappelez de moi, peut-être pas. Vous êtes tellement occupé. J'étais, oui j'étais le Grand Tout Partout, celui qui était présent vraiment partout : à l'église, bien sûr mais pas seulement là ; aussi à l'école, dans les familles, dans la société...partout, partout. Maintenant, j'ai le sentiment d'être nulle part. Moi, l'ex-Grand Tout Partout, je me sens comme un P'tit nulle part qui a l'air de rien. Vous qui me cherchez encore, faites attention; il m'arrive de passer sans qu'on me voie... comme un P'tit nulle part qui a l'air de rien.

 

Chanson :

 

Le Grand Tout partout

 

Le Grand Tout partout est parti en voyage

Le Grand Tout Partout est parti

Le Grand Tout Partout est parti sans bagage

Comme un sans pays, sans abri(logis)

 

Le Grand Tout Partout est parti en voyage

Le Grand Tout Partout est parti

Parti retrouver son fond de Moyen-Âge

Comme un exilé dans la nuit

 

Le Grand Tout Partout délaissé de toutes parts

Cherchait un nouveau chemin

Le Grand Tout Partout cherchait un nouveau phare

Comme un Nulle part qui a l'air de rien

 

Eh oui! Le Grand Tout Partout se cherche un nouveau chemin, une nouvelle place, un nouveau phare, une nouvelle lumière. On se demande même s'il a encore sa place à l'école. Lui aussi d'ailleurs. Ça fait tellement longtemps qu'il est à l'école. Il en a redoublé des années le Grand Dieu Tout Partout. Ah! Ça ne le dérangeait pas de recommencer chaque année avec des nouveaux. Les nouveaux passaient et lui restait... toujours nouveau...pensait-il. Mais là, il semble qu'il soit devenu une vieille affaire. Peut-être qu'on va le mettre en pension à quelque part et qu'on va faire des études à son sujet... comme s'il était justement une vieille affaire du passé... et dépassé. On va l'étudier comme un phénomène intéressant parmi de nombreux phénomènes. Pourvu qu'il ne dérange rien. Ah ! s'il fallait qu'il dérange ou qu'il se mêle de quelque chose. Non! Sois vieux et tais-toi. Eh bien il s'est tu le Grand Tout partout et il est parti. Il est parti se chercher une place à l'école de la vie comme un P'tit nulle part qui a l'air de rien... en se disant - intérieurement - qu'il aurait toujours sa place à l'école... même si ça devait être la dernière place. Il en avait vu d'autres le Grand Tout Partout devenu un P'tit Nulle Part qui a l'air de rien.

 

Le Grand Tout Partout délaissé de toute part

Cherchait un nouveau chemin

Le Grand Tout Partout cherchait un nouveau phare

Comme un Nulle part qui a l'air de rien

 

Il se disait que c'était peut-être sa condition divine à la fin du millénaire même si ça le faisait rire un peu - l'Éternel - qu'on s'énerve autant pour un petit changement de siècle et de millénaire. Il en avait vu d'autres. Mais ce qui l'intriguait, c'était le bogue. Oui, le bogue de l'an 2000 l'intriguait. Il faut dire que, tout éternel qu'il fut, sa formation en informatique était assez récente. Et il se demandait comment tout un système pouvait reposer sur des données si fragiles.

Mais laissons-là pour le moment le Grand Tout Partout devenu un P'tit nulle part... et parlons du bogue.

Car peut-être que c'est vrai le Bogue, finalement. Finalement, la fin de cette-année-là, la fin de ce siècle-là, la fin de ce millénaire-là... ça fait assez longtemps qu'on nous en parle - c'est peut-être un Grand Bogue, le retour du Grand noir-frère. Qu'est-ce que je dis là.? Je suis encore en train de masculiniser. Non pas le Grand-noir-frère, le retour de la Grande noire-sœur, la grande noirceur. C'est la nuit. Mais où est passée la lumière ? Où est passée la lumière ?

Oui c'est la fin du millénaire. Mais quelle fin? Est-ce la fin bout ou la fin but. A-t-il atteint son but le millénaire ou bien est-ce qu'il se contente d'arriver au bout, épuisé. C'est la fin, c'est la fin mais la fin de quoi ? Et la fin comment ? Quand c'est la fin, il faut faire un Bilan ; et ici, il faudrait faire un bilan de mille ans. T'imagines, on a de la difficulté à faire un bilan de l'année, du mois, de la semaine, de la journée même. Et là faudrait faire un bilan du siècle, du millénaire. Le bilan du mille ans, non pas pour moi.

De toute façon, je l'ai rencontré sur la rue, l'autre jour le Bilano-Milano. Il faisait dur, il faisait dur. Il avait l'air d'un itinérant au bout de son rouleau. - Comment ça va mon Milano-Bilano ? que je lui dis. - Bah, je bogue, je suis complètement bogué. - Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? - Oui, tasse-toi et laisse-moi passer. Laissez-moi passer mon chemin ? Laissez passer le passé et regardez en avant. Et il est passé le Bilano-Milano, et je suis resté là bouche-bée ; je ne savais plus si je devais regarder en arrière ou en avant. Et en regardant en avant j'ai vu comme une lumière qui passait, un petit luminaire qui a l'air de rien, un P'tit nulle part qui a l'air de rien, un P'tit rien qui arrive de nulle part au crépuscule, alors que l'espoir est au plus bas (ça va mal) mais qui nous laisse pressentir un aurore possible.

 

Chanson :

 

Le P'tit rien nulle part

Est revenu sans bagage

Au crépuscule de l'espoir

Le P'tit rien nulle part

A retrouvé un langage

D'où il attend son aurore

 

Comme un enfant qui courait sur la plage

Les mains tendues vers la mer

Le P'tit nulle part a retrouvé son âge

D'une éternité à faire

 

Une éternité à faire. Qu'est-ce que c'est ? Ah, l'éternité, l'éternité. Pouvez-vous me dire quand est-ce que ça commence l'éternité ? D'après des études récentes et selon les derniers calculs (plus ou moins précis, il faut bien l'avouer) il semblerait que l'éternité soit déjà commencée depuis... une éternité. Alors on est dedans, depuis un sacré bout de temps. On est dedans mais en même temps on a le choix d'y entrer... si on veut. C'est une éternité... à faire, aujourd'hui, à chaque matin, dans la mesure où on laisse passer la lumière. Oui, oui... laisser passer la lumière.

 

Chanson :

 

Laisser passer la lumière

 

Laisser passer la lumière

Sur le chemin

Comme un petit luminaire

Qui a l'air de rien

Laisser passer la lumière

Entre nos mains

Une éternité à faire

À chaque matin

 

  1. Comme un oiseau qui tourne dans le vent

    Sans se soucier de l'orage

    Comme des oiseaux qui dessinent en volant

    La flèche de leur voyage

     

  2. Comme un enfant qui joue avec le temps

    En s'inventant mille rêves

    Comme des enfants qui refont le printemps

    Du millénaire qui s'achève

     

  3. Comme un amour que l'on fait chaque jour

    Malgré les peurs et les rides

    Comme des amours qu'on rejoue sans détour

    Le coeur plein et les mains vides

     

  4. Comme un bateau qui vogue sur la mer

    À travers vagues et tempêtes

    Comme des bateaux qui retrouvent la terre

    Comme un port, un jour de fête

 

Finalement en cette fin d'affaire (je sais plus ... année, siècle, millénaire?) est-ce qu'on bogue ou on jubile ? Faudrait se décider. Bilano-Milano a l'air de boguer mais il est prêt à laisser sa place. Mais nous autres, on bogue ou on jubile ? Moi je suis bien prêt à jubiler mais tu fais ça comment? Jubiler, jubiler... c'est pas évident. Puis il faut savoir pourquoi. Tu jubiles pas de même... sinon t'as des chances de te retrouver avec plus de bile que de jus. L'autre jour un ami m'a raconté une histoire un peu bizarre. Raymond qu'il s'appelle, oui Raymond Devos, une espèce de français bedonnant et délirant qui m'a raconté l'histoire du jus et du bill : Tu te commandes un jus pis on t'apporte le bill. Toi tu te fais de la bile et tu dis : j'ai commandé un jus, pourquoi vous m'apportez un bill. - Mais c'est le bill du jus. - Oui mais je n'ai pas eu le jus. Si j'ai pas de jus, je ne veux pas de bill. - Si vous n'acceptez pas le bill, vous n'aurez pas le jus. - Mais apportez-moi le jus et je payerai le bill. - Payez le bill et je vous apporte du jus. --- Une heure plus tard , (c'était dans les maritimes), on s'est retrouvé avec quelqu'un qui avait un bill étampé sur le front et un autre qui baignait dans son jus - Morale de l'histoire : Prends pas de chance, apporte ton jus, tu te feras moins de bile. Apporte ton jus pour traverser l'an 2000. Je jubile. J'ai pas d'autre mot : je jubile.

 

2. Le temps

 

Mais la grande question est celle-ci. Est-ce qu'on va prendre le temps de jubiler ? Prendre le temps de jubiler ? vous n'y pensez pas. On est bien trop occupé. Tout le travail qu'on a, ça n'a pas de bon sens. Du travail, on en a jusque-là ; par-dessus la tête. Avec tout ce travail qui s'abat sur nous, on n'aura jamais le temps de jubiler. Oui, le travail qui s'abat sur nous. Il y a tellement de choses à faire, tellement de choses à faire, tellement de choses à faire. (Excusez, c'est un vieux disque qui accroche). Oui tellement de choses à faire. Notre livre de spiritualité de base nous dit tout cela, à chaque jour. J'espère que vous l'avez avec vous votre livre de spiritualité : l'agenda dans lequel on inscrit tout ce qui est à faire. C'est ça qui mène maintenant... l'agenda.

 

Chanson:

 

C'est l'agenda qui nous mène, qui nous mène

C'est l'agenda qui nous mène en haut

 

Ensemble : Je sais que vous connaissez et l'agenda et la musique

 

C'est l'agenda qui nous mène, qui nous mène

C'est l'agenda qui nous mène en haut

 

En haut ??

 

(imiter la montée vers le haut... qui se retrouve en bas)

 

Excusez, j'en perds mes mots ; je n'arrive pas à le dire en mots.

 

Ce sont des marches et pourtant on court. C'est comme ça la vie, il y en qui marche dans la cour et d'autres qui courent dans les marches.

À force de vouloir monter en courant, on en perd le souffle... et la parole. À force de trop en faire en cherchant un ciel éphémère, on se retrouve en bas, en enfer. Eh oui en enfer. Ah bien sûr, on n'en parle plus de l'enfer. On est des modernes libérés de la peur de l'enfer. Ah! c'est toujours bien de se libérer de la peur. Mais l'enfer, pendant qu'on se libérait, nous a rattrapés, autrement. Il est revenu subtilement nous retrouver dans notre agenda débordant et débordé. Maintenant, on n'a plus peur de l'enfer, mais on se brûle autrement, à force d'en faire, de trop en faire. Avant on pouvait attendre mais maintenant...

 

Chanson: Brûlons-nous donc nous-mêmes

 

Refrain :

 

Brûlons-nous donc nous-mêmes

Brûlons-nous donc nous-mêmes tout de suite

Au cas où, au cas où l'enfer n'existerait pas

L'enfer n'existerait pas

 

Avant j'avais peur de brûler longtemps

Maintenant j'ai pas le temps d'attendre si longtemps

Je me mets à l'ouvrage et je me brûle maintenant

Je purge ma vie à en faire tout le temps

À m'en faire tout le temps

 

Avant on me disait: faut que tu sois parfait

Parfait comme ton père infiniment parfait

(et que le péché lui déplaît)

Maintenant moi je préfère

Dire que je performe

J'ai changé de père

J'ai changé de forme

J'ai changé d'enfer

 

Essoufflement. On brûle la chandelle par les deux bouts et on se retrouve sans lumière, sans temps.

 

On dit que le temps c'est de l'argent mais est-ce que l'argent c'est du temps?

 

C'est l'agenda qui nous mène ou l'argenda?

 

C'est l'argenda qui nous mène qui nous mène

C'est l'argenda qui nous mène en haut

 

J'ai entendu un jour cette parabole :

- Un père avait un fils et beaucoup d'argent. Le fils dit à son père : - Papa fais-moi un cadeau - Mais combien veux-tu mon fils. - Je veux beaucoup, dit le fils. - Mais encore, dit le père, combien veux-tu ? - Beaucoup, vraiment beaucoup ; je ne sais pas si tu pourras ou oseras me le donner. Dis toujours mon fils ; combien veux-tu ? - Papa donne-moi du temps. - Le père fut désemparé et il trouva que ce fut le cadeau qui lui coûta le plus cher car il avait peu de temps. Mais avec le temps... il découvrit aussi à quel point son fils lui était cher.

Oui, avec tout le travail qui s'abat sur nous, on a peut-être oublié le sens du sabbat, le sens du jubilé. Il faut laisser reposer la terre et nous donner le temps.

 

Chanson: Laissons reposer la terre

 

Refrain :

 

Laissons reposer la terre

Laissons-nous encore le (du) temps

Laissons reposer la terre

Donnons-nous encore du (le) temps

 

Je te donne du temps

Tu me donnes du temps

Il se donne du temps

Nous nous donnons du temps

Vous vous donnez du temps

Ils se donnent du temps

 

Avec tout ce temps

Nous prendrons le temps

-----

 

Je te donne le temps

Tu me donnes le temps

Il se donne le temps

Nous nous donnons le temps

Vous vous donnez le temps

Ils se donnent le temps

 

Avec tout ce temps

Nous prendrons du bon temps

 

Quand s'abat sur nous

Tempêtes et vents

Quand (le) sabbat chez nous

Ressemble à un tourment

Qu'on court comme des fous

À 20 rendez-vous

Il est plus que temps

De prendre le temps

Il est plus que temps

De respirer longtemps

 

Musique

 

Refrain

 

Et ajouter :

 

Et la fin du millénaire

Ce n'est pas la fin des temps

 

3. Les acteurs (Jeunes- Profs- parents-conseillers-)

 

Je ne sais pas pourquoi, l'essoufflement et le temps ratatiné me font penser à l'école. Je sais que ça n'a aucun rapport (rapport, rapport... pourquoi est-ce que je parle de rapport ici ? C'est flou ; ça n'a aucun rapport. Oublions le rapport et revenons à l'école.

Comment ça va dans les écoles? Je le sais pas mais j'imagine que ça doit mal aller puisque ça va mal partout. Il faut quand même être dans le courant, être de son temps. Pourquoi ça irait bien quand ça peut aller mal ? Moi je ne connais pas vraiment l'école et mes souvenirs de l'école des clowns ne sont pas très positifs. Échecs sur échecs.

Je ne connais pas bien l'école mais d'après ce que je peux voir, il y a trois problèmes majeurs : les jeunes, les profs et les autres. Les jeunes bien entendu, (je me demande ce qu'ils font là les jeunes à l'école et eux aussi j'imagine qu'ils se le demandent ; en tout cas on a un 1er problème clairement identifié : les jeunes) ; 2e problème: les profs (ça c'est certain, on n'a pas besoin d'en parler) et 3e problème : les autres (i.e la direction, le ministère de l'éducation, la commission scolaire, les parents (Ah ! les parents, quelle race de monde, qui a inventé ça les parents ?) et je dois en oublier ; les conseillers et conseillères, j'ose pas en parler... je suis en conflit d'intérêts; c'est une conseillère qui m'a invité ici ce soir, alors je ne peux pas tout dire mais si je vous dis qu'il n'y a que les concierges qui fonctionnent bien à l'école, vous allez comprendre... en sous-entendu, ce que je veux dire. Oui heureusement qu'il y a les concierges qui font que l'école reste une école.

Ah oui ça va mal à l'école. Tout le monde le dit. Mais est-ce que ça vaut la peine d'en parler. Ça va assez mal comme ça.

 

Chanson: Ça va assez mal comme ça

 

Refrain :

 

Ça va assez mal comme

Faut-y le savoir en plus?

 

1.Des fois je rêverais que la vie

Soit simple et sans souci

Qu'on fasse rouler le train

Sans penser à demain

 

Qu'on le dise quand ça va bien

Et qu'on n'ait peur de rien

Même si c'est pas aujourd'hui

Qu'on va être au paradis

 

Des fois je rêverais que la vie

Soit douce et sans mépris

Qu'on prenne le chemin

Juste pour aller plus loin

 

Qu'on le dise quand le matin

Est doux comme du bon vin

Qui fait chanter la vie

Même aujourd'hui (bis)

 

Ref:

 

Des fois j'aimerais que la vie

Soit belle comme un oubli

Qui fait recommencer

Le rêve à chaque matin

Qu'avant de s'en aller

On refuse le destin

Qui veut nous enfermer

Dans un mortel refrain

 

Des fois j'aimerais que la vie

Soit tendre et sans bruit

Qu'on ouvre les deux mains

Pour cueillir le matin

Qu'on le dise quand ça va bien

Et qu'on n'ait peur de rien

Même si c'est pas aujourd'hui

Qu'on va être au paradis

 

Ca va t'y si mal que ça

Je veux bien le savoir en plus

 

En fait, l'école, ça va pas si mal que ça. C'est juste que l'école est décollée, si j'ose dire. Non en fait elle est en trans(e) l'école. Dans le dictionnaire ça dit : On est en transe quand on s'agite sous l'effet d'une émotion réelle ou simulée). En tout cas, à l'école, il y a de l'émotion, c'est réel et on s'agite. Et il y a de quoi. C'est de la vraie transe.

La formation est en transe-formation ; les postes, les positions sont en trans-positions (et le rapport va peut-être trans-poser encore plus certaines positions et il y a aura peut-être une grande trans-ition. Et on sait pas si le rapport viendra pas déplacer la transcendance. Faudra peut-être vivre la transe-en-danse, avec les jeunes. Mais quoi qu'il arrive, il y aura toujours une mission, un trans-mission celle de laisser passer la lumière auprès des jeunes; que les maîtres deviennent des trans-maîtres et si possible que les parents deviennent des trans-parents.

 

Chanson : Laisser passer la lumière

 

Refrain :

 

Couplet :

 

Comme un enfant qui joue avec le temps

En s'inventant mille rêves

Comme des enfants qui refont le printemps

Du millénaire qui s'achève

 

Le millénaire qui s'achève. Qu'est-ce qui nous fascine dans le millénaire qui s'achève et dans celui qui commence. Qu'est-ce qui nous fascine dans le passage de l'un à l'autre ? Après tout, ce ne sera rien que le passage d'un jour à l'autre. Un jour qui finit et un autre qui commence. Mais le passage du siècle, le passage du millénaire nous fascinent. On attend quelque chose, on espère quelque chose... quelque chose de nouveau, sans trop se l'avouer ou peut-être en se l'avouant.

Le problème des fins de siècle, des fins de millénaire, c'est qu'il y en a qui s'imaginent une grande fin ou un grand re-commencement. Une apocalypse, une nouvelle création. Même comme ça va mal il y en a qui s'imaginent une grande fin catastrophique. Ça achève vous savez. Après nous le déluge. Eh on s'énerve à cause du passage du 2e ou 3e millénaire, alors que ça fait des millions d'années que c'est commencé. Vous pensez vraiment que ça va arrêter, comme ça après nous, avec nous. C'est un peu prétentieux et irresponsable. Penser que les choses pourraient finir avec nous. Ben voyons! C'est le complexe du déluge.

 

Chanson:

 

Après nous le déluge

 

Après Noé, Jésus

 

4. Jésus (Jeshoua de Nazareth qui échoua à Jérusalem)

 

Je vais vous parler de quelqu'un qui n'est pas très à la mode : Jeshoua de Nazareth, un homme de Galilée ; certains l'appellent Jésus mais ça c'est la traduction son vrai nom, c'est Jeshoua.

Pas une grande vedette ; ah ! il a bien eu un certain succès provisoire mais finalement il a plutôt frappé un mur avec ses histoires, il a plutôt manqué son coup. Son nom le dit : Jeshoua de Nazareth échoua à Jérusalem. Un échec en forme de croix.

Il y a longtemps j'ai rencontré un jeune homme, il avait 21-22 ans ; c'était en 1967, l'année de l'expo. Il se mit à me parler de Jeshoua de Nazareth qu'il appelait l'homme de Galilée.

 

Chanson: L'homme de Galilée

 

Jésus et Lazare. Ouvreur de tombeau et dérouleur de bandelettes

 

Chanson: Laisser passer la lumière

 

5. Ténèbres-lumière Bref ..en conclusion

 

Rappels :

 

Chanson : Personne n'est né pour un gazou

 

Chanson : Laisser passer la lumière (Lancer les feuilles)

 

Liste des monologues

Bozo