Jean-Marc Gauthier

 

Monologues

 

 

 

 

Forum québécois de théologie et solidarité

(10 novembre 2006)

 

 

Salut. Je m’appelle Bozo. Je suis un clown théologien québécois. Je vis donc une crise d’identité.

De toute façon, aujourd’hui, tout est en crise. Tout le monde se cherche une identité.

Et si tu ne vis pas de crise, si tu ne te cherches pas une identité, c’est que tu vis une vraie crise d’identité.

Alors, je ne suis pas plus fou qu’un autre. Je vis ma crise d’identité.

Et quand on s’appelle Bozo. J’ai souvent voulu changer de nom

Dernièrement, j’ai eu un zona facial. Ça vous « déviarge » une face ça madame.

Ça provoque une vraie crise d’identité ; superficielle, vous allez me dire, mais quand même réelle. Je me suis demandé si je ne changerais pas mon nom de Bozo pour Bozona ou bien Laid Zo, tant qu’à y être. Quand tu ne peux pas être un Beau Zo…

On n’en finit plus de ces crises d’identité ou tu te retrouves avec l’acné et le zona plein la face. Comme le visage du Québec, diraient certains.

Mais j’ai essayé de me ressaisir et de me chercher une généalogie dans l’histoire du Québec.

Et j’ai pensé à Raymond Lévesque : Bozo-les-Culottes : la la la… (celui qui veut changer l’ordre social, sans trop réussir).

Et j’ai pensé à Félix Leclerc : Dans un marais… y avait Bozo, le fils du matelot… (celui qui attend celle qui n’existe pas).

Ce n’est pas réjouissant mais ça donne de l’histoire

En plus, et c’est plus grave, beaucoup plus grave, j’ai perdu le sens de l’humour. Je n’arrive plus à rire ou à faire rire.

J’ai perdu des modèles et des inspirations. Je suis en deuil.

J’ai perdu Sol, le grand et unique Sol, il y a un certain temps. Et sans Sol, je me sens dans le vide. C’est vertigineux - Et j’ai perdu Devos en juin. J’étais un dévot de Devos et maintenant je me retrouve un dévot sans Devos, comme aurait dit Devos quand j’étais son dévot. Je ne sais plus à qui adresser ma dévotion.

Oui, j’ai perdu le sens de ma vie de clown. Faire rire. Ou en tout cas, essayer ou faire semblant de vouloir faire rire. Car le propre du clown, c’est de faire semblant de… pour que les autres aient le sentiment que… mais ça ne fonctionne pas toujours.

Mais voilà qu’en plus on me demande ici d’être sérieux.

On me demande de traiter de sujets très sérieux. Trop sérieux. Moi qui ai déjà de la difficulté à rire et à faire rire

Maintenant, dans ce forum, on me demande de jouer au professeur ou au théologien : de présenter le pré-théologique (??) dans la démarche. Mais qu’est-ce que c’est ça ? Le pré-théologique ? J’imagine que c’est ce qui pré-cède la théologie dans la démarche théologique. Mais ce n’est pas tout : après cela, on me demande de présenter les grandes lignes de la démarche d’une théologie… contextuelle (mais ça on ne vous l’a pas dit que c’était…contextuelle. Il semble que c’est trop abstrait, universitaire. Mais moi je vous le dis et je vais vous en parler du contexte et du contextuel. Ce n’est pas si difficile à comprendre : con… texte. Et tout cela je dois vous le présenter en 30 minutes… en plus de me présenter. (Bien sûr, si j’étais un prof. ou un grand conférencier, on me donnerait sans doute 45 minutes/1h… Peut-être même qu’on me ferait venir d’Europe, pour parler de la théologie et de la solidarité en contexte québécois… peut-être parce que « a beau mentir qui vient de loin » et il coûte plus cher. Quand tu viens de loin et que tu coûtes cher, ça te donne du prestige et on te donne du temps. Car l’argent c’est du temps. Eh bien moi, j’ai décidé aujourd’hui de prendre mon temps. Je vais prendre tout mon temps, gratuitement. Ça prendra le temps que ça prendra. Et si je prends plus de temps, je coûterai moins cher de l’heure. De nous jours, même le gratuit est évalué selon des critères économiques.

Malgré tout je tiens à le préciser : je ne suis pas un professeur. Je ne suis pas un grand conférencier, je suis un clown ; je le répète, je suis un clown. Même si j’ai perdu le sens de l’humour, même si j’ai perdu mes maîtres à rire, je suis un clown. Même si je suis en crise d’identité, comme tout le monde. Je suis un clown en crise d’identité. C’est tout.

Souvent, dans mes présentations j’arrive sans texte. On pense que je ne me suis pas préparé, que je semble improviser. Et, bien sûr, ça dévalorise ma présentation. On dit : « C’est facile, il improvise, il ne s’est pas préparé ». J’ai l’air d’un con, un con sans texte. Mais dans le contexte d’un forum de théologie en solidarité… avec d’autres cons (excusez-moi) j’ai décidé, ce soir, d’apporter le texte, en tout cas d’apporter mon texte. Et si j’ai l’air d’un con, au moins ce sera un con avec texte (après tout, ça m’a pris tellement de temps à le préparer). Pour lui donner plus de valeur, d’ailleurs, je suis allé le préparer en Europe. Pour lui donner une couleur locale. Parce que même en Europe, finalement, ils sont très locaux. On a beau vouloir être utopique, sans lieu, on se retrouve toujours quelque part, dans un lieu particulier, dans un contexte particulier. Et même si on est con, on peut avoir son texte… particulier. Alors, voila, c’est mon contexte particulier.

Après tout, ce n’est pas pire que ceux qui ont un texte, qui lisent fondamentalement leur texte en le répétant bêtement et qui, finalement, semblent improviser comme s’ils ne s’étaient pas préparés. Peut-être qu’ils n’ont pas l’air con… mais ils ne sont que texte. Il n’y a rien de pire que de lire bêtement le texte.

Ainsi donc on me demande de présenter de façon un peu légère quelque chose de très sérieux. Vous savez, dans le monde sérieux de la recherche et de l’enseignement on se situe souvent par rapport à un maître-penseur qui nous inspire ou qui nous guide. Dans mon monde à moi, ce guide et ce maître-penseur, c’est Sol, le grand clown Sol. Plus que Devos, qui était français, il y avait Sol, mon Sol québécois, notre Sol québécois international. C’est lui qui m’a inspiré, plus que tout, par-dessus tout. Il était ma clé de compréhension, ma clé d’interprétation : la clé de Sol. Est-ce étonnant que Sol soit (était) un pauvre clown ? J’avais une option préférentielle pour le pauvre clown. C’est par rapport à lui que j’ai eu à me situer et à développer ma propre méthode. (C’est important la méthode dans le monde sérieux de la recherche).

Oui ! Avant de développer ma propre méthode de recherche, j’ai eu à me situer par rapport à ce grand modèle qu’était Sol.

Avant d’en arriver là, j’ai même rêvé d’être Sol. Vous devinez la crise d’identité.

 

Je rêvais d'être Sol

 

Je rêvais, je rêvais d'être Sol

Mais ne suis qu'un Sous-Sol

Emprisonné dans mes entraves

Les yeux fermés au fond de ma cave

Perdu dans mon sommeil

Perdu dans mon sommeil

 

Je rêvais, je rêvais d'être Sol

Mais ne suis qu'un Sous-Sol

Je voudrais sortir du fond de ma cave

Me libérer de ces entraves

Pour mieux voir le soleil

Pour mieux voir le soleil

 

Je rêvais, je rêvais d'être Sol

Mais je ne rêve plus

Sinon d'être Sol-ement ce que je suis

Le clown perdu de Sainte-Sophie

Qui veut voir le Sol-eil

Qui veut voir le Sol-eil

 

Pas Sol mais le SOL-EIL

 

Avec Sol, voir le soleil.

 

Musique

 

On rêve souvent d'être un autre mais, finalement, le meilleur ou le mieux que l'on puisse être, c'est soi-même (certaines langues sales diraient que c'est un peu manqué d'ambition, que ce n'est vraiment pas visé haut. « Quand on est né pour un petit pain » … qu’ils disent). Pourtant, je le dis fièrement, le plus grand défi, c'est de se prendre pour soi-même. « La grâce des grâces, c'est de s'aimer humblement » (la dernière partie est, paradoxalement une citation d’un certain Bernanos - comme quoi, se prendre pour soi-même ne signifie pas nécessairement se suffire à soi-même. Sinon, à quoi bon la solidarité !). Oui, de se prendre pour soi, même si notre modèle est extraordinaire, comme Sol. - Salut mon vieux Sol !

Sol faisait valser les mots. Oui, avec lui, on était comme dans une grande valse de mots qui rythment leur sens autrement ; la grande valse des mots qui, de temps en temps, se marchent sur les pieds. (Ainsi, je pense que Sol, s’il était là, ferait virevolter le contextuel en con-sexuel ou en contex-duel et la théologie… en théorgie ou en théogive… peut-être.

Si Sol a la méthode de la valse, moi j’ai la méthode du « slow collé » : je me colle aux mots et je les décortique lentement. Je suis dans le sous-sol des mots ; je fais émerger les mots de leur sous-sol… à partir des sons. Je suis un son-ambule. Je marche avec les sons des mots, dans la nuit du temps… présent.

Sol, quant à lui, les fait voltiger, ces mots, il les fait décoller de leur sol. Lui décolle, moi je colle. Mais tous les deux… on déconne. Sinon, à quoi bon être clown ?

 

Vous comprendrez bientôt à quel point on déconne… sérieusement.

 

Voilà pour la méthode !

 

Alors deux grands points qui en sont trois (après tout les Trois mousquetaires étaient quatre).

 

  1. Le pré théologique

  2. La théologie…

  3. … contextuelle (chut !)

 

  1. Le pré… théologique

     

    Que vous dire sur le pré-théologique, ce qui précède la théologie, en tout cas, ce qui est censé précéder la théologie ?

    Je n’ai que ceci à vous dire, et c’est fondamental (quand on dit ce mot-là – fondamental - vous êtes censés être remués intérieurement. Fondamental. C’est le fond qui fonde le mental). Voici donc ce qui est fondamental :

    L’essentiel de la théologie se joue dans le pré, dans le grand pré de la vie.

    Il est grand, beau et complexe, le pré de la vie. Un immense champ. C’est là que tout se passe, c’est là que tout se joue.

    Malgré ou avec tous les pré-cédents, les pré-jugés, les pré-textes, les pré-supposés, les pré-visions, les pré-views, les pré-cautions… et les pré-menstruations… la vie se joue dans le pré. Tout se joue dans le pré. Si j’avais le temps, si on m’avait donné plus de temps - ou si je n’avais pas perdu trop de temps avec mes problèmes de crise d’identité et mes questions de méthode, je vous montrerais comment tout se joue dans le pré, dans le grand pré de la vie.

    (Mais en fait, je n’ai pas tellement besoin de vous le montrer ; vous êtes dans le pré jusqu’au cou).

    Ainsi, ce qui semble avant, c’est déjà dedans. On est plongé dans l’avant comme si c’était dedans. Et c’est dedans. On est dans le pré jusqu’au cou. Le pré n’est pas un pré-texte pour faire de la théologie. C’est dans le pré que le texte s’écrit quand on sait lire ce qui s’y passe.

     

    Chanson : C’est dans le pré que ça se passe.

     

    C’est dans le pré que ça se passe

    Dans le pré de la vie

    Les pré-jugés et les pré-faces

    Les pré-judices et préavis

    Les morts-vivants que l’on entasse

    Dans ce grand pré où ça se passe

    Dans le grand pré de la vie

    La où tout se passe et tout passe

    Dans le grand pré de la vie

     

    C’est dans le pré que ça se passe

    Dans le pré de la vie

    C’est là que tout s’entasse

    Au jardin de l’oubli

    C’est dans le pré que ça se passe

    Dans le pré de la vie

    Pour que l’on y refasse

    Mémoire de notre vie

    La mémoire de nos vies

     

    Faites ceci en mémoire de moi

    Faites cela en mémoire de lui

    Faites ceci en mémoire de moi

    Faites cela en mémoire de nos vies

    Faites cela en mémoire de votre vie

     

    C’est dans le pré que ça se passe

    Dans le pré de la vie

    C’est là que tout se brasse

    Nos amours, nos soucis

    C’est là que l’on embrasse

    Nos joies, nos peines et nos amis

    (Dont certains sont partis. Salut Rémi !)

    C’est dans le pré que ça se passe

    Dans le pré de la vie

    Pour que l’on y refasse

    Mémoire de notre vie

    Pour que l’on y refasse

    Mémoire de notre vie

     

    Faites ceci en mémoire de moi

    Faites cela en mémoire de lui

    Faites ceci en mémoire de moi

    Faites cela en mémoire de nos vies

    Faites cela en mémoire de votre vie

     

    C’est dans le pré que ça se passe

    Dans nos jours d’aujourd’hui

    C’est dans le pré que ça se passe

    Nos luttes sans merci

    Et que de guerre lasse

    On espère la nuit

    Où la paix se prélasse

    Dans une juste folie

    C’est dans le pré que ça se passe

    Dans le pré de la vie

    Pour que l’on y refasse

    Mémoire de notre vie

    Pour que l’on y refasse

    Mémoire de notre vie.

     

    Faites ceci en mémoire de moi

    Faites cela en mémoire de lui

    Faites ceci en mémoire de moi

    Faites cela en mémoire de votre vie

    En mémoire de votre vie

     

    C’est dans le pré que ça se passe

     

    Musique

     

    Si c’est dans le pré que ça se passe, y a-t-il un pré théologique ? Un avant théologie ? Sans doute, peut-être, sûrement… dans la pauvre tête de ceux et celles qui essaient de faire théologie. Ils ont besoin d’un pré, pour se pré-parer… mais pourtant le pré est déjà tout paré, s’il est vrai que Dieu (Dieu ?) habite déjà ce pré. Mais qu’est-ce que Dieu et est-ce que Dieu habite le pré ? Il y a de la théologie possible dans ces questions-là madame, monsieur !

     

    Dieu habite le pré

     

    Dieu habite le pré

    Si l’humain y trouve place

    Dieu habite le pré

    Quand l’humain trouve sa place

     

    Sinon Dieu s’efface

    Et l’on perd sa trace

    Sinon Dieu s’efface

    Et y perd la face

     

    Ne le cherchez pas dans des vieux songes

    Qui trahissent nos combats

    Ne la cherchez pas dans des mensonges

    Qui meurtrissent nos ébats

     

    Ne le cherchez pas dans des vieux songes

    Qui trahissent nos enfants

    Ne la perdez pas dans des mensonges

    Qui meurtrissent ses enfants

     

    Ce n’est pas long que le pré théologique nous amène à la théologie s’il est vrai que Dieu habite le pré.

     

  2. La théologie… = les lieux du divin = les logis de Théo

     

    La théologie ! Qu’est-ce que la théologie ? Je serai bref. La théologie c’est la recherche de Dieu en tous lieux, dans tous les contextes, dans un monde où à la fois on annonce sa mort, sa disparition et où on l’utilise à toutes les sauces politiques et guerrières. Je voudrais faire rire avec ça. Pas facile ! Ah ! Si je n’avais pas perdu mon sens de l’humour avec la perte de Sol et de Devos ! – Comme Dieu a perdu son lieu en notre monde. J’espère que Dieu n’a pas perdu le sens de l’humour ? Un certain Jean disait que Dieu est Amour. J’espère que c’est vrai. Mais je serais aussi comblé si j’apprenais que Dieu est humour.

     

    Entre l’humour et l’amour

     

    Entre l’humour et l’amour

    Il y a peu d’espace

    L’un cherche à se dire à tous les jours

    Et l’autre se cherche une place

    Quand l’amour est trop lourd

    Pour montrer toute sa face

    C’est l’humour

    Qui prend la place

     

    Aimons-nous comme on peut

    En riant un peu

     

    Si on aime comme on peut

    En riant un peu

    Peut-être qu’en ce lieu

    On retrouvera Dieu

     

    Aimons-nous comme on peut

    En riant un peu

     

    Car

    Dieu a perdu son lieuOn le cherche en tous lieux
    Sa maison, son logis On le dit comme on peut
    N’habite plus les cieux On balbutie
    Ni le paradisUne théologie

     

    Dieu a perdu sa place

    Son sens, sa logique

    On pressent ses traces

    Et ses odeurs théologiques

    Mais cherchez donc dans l’eau

    Le Très-Haut est aquatique

    Mais cherchez donc dans l’eau

    Le Très-Haut est hydraulique

    Et la théo hydrologique

     

    Dieu habite la vie

    Des humains appauvris

    Qui se cherchent un logis

    Un abri

    Dieu habite les jours

    Des gens des carrefours

    Qui se cherchent dans les détours

    Un amour

    Mais cherchez donc dans l’air

    Le Très-Haut atmosphérique

    Mais cherchez donc par terre

    Le Très-Haut est dans le trafic

    Entre nos autos et Kyoto

    Et la théo est écologique

     

    Musique

     

    Et Théo est dans le pré théologique

     

    Voilà pour la théologie…quand on est clown.

     

    Aimons-nous comme on peut

    En riant un peu

     

  3. Contextuelle : Nous allons nous centrer sur quatre mots…phonétiquement : (1. Con - 2. Texte -3. tu(e) 4. elle)

     

    1. CON :

       

      Con. Pourquoi tant de choses, tant d’événements sont cons, pourquoi tant de mots commencent par con ? (Pour les choses et les événements, il suffit d’observer. Pour les mots, il faudrait vérifier dans le dictionnaire - Dans celui que j’ai consulté, il y en avait pour 15 pages. Je n’ai pas tout lu).

      Et pourquoi faut-il, pour comprendre le sens de quelque chose, dépasser l’aspect con de la chose? C’est le grand mystère de la vie. Il y a du con quelque part. Le monde est marqué par une connerie originelle. Je n’en dis pas plus; je suis sûr que vous en savez déjà assez sur le sujet. - Il suffit d’avoir vécu un peu et d’avoir fréquenté le pré de la vie quelque peu. Mais pour mieux comprendre ce qui est incompréhensible, remplacez le mot « con » par « stupide »… « absurde »… « injuste » « intolérable » « insupportable ». - Dans n’importe quel contexte, il y a du « con », du « stupide », de « l’absurde », de « l’injuste », de « l’insupportable » de « l’intolérable ». Le con du contexte nous renvoie à cet intolérable à ne plus tolérer, à cet insupportable à ne plus supporter. – Là où il y a injustice, sous toutes ses formes, c’est con et il faut être con, con… contre. (Ça me rappelle Gilles Vigneault. On lui avait demandé : « Que pensez-vous de la mort, M. Vigneault ? – Il avait simplement répondu : « Je suis contre »). - Voilà pour le con. Être contre l’injustice, contre la mort. - Je sais… la bataille n’est pas gagnée mais on aura au moins essayé. - Vous ne croyez-pas ? Je serai toujours contre le fatalisme et la fatalité, même celle de la mort. - On n’est pas clown pour rien. Il faut résister. Ne nous laissez pas succomber à la tentation du fatalisme.

       

      Aimons-nous comme on peut

      En riant un peu

       

      Mais même si on aime et on rit, ça ne nous empêche pas (au contraire) de constater que dans le pré de la vie il y a beaucoup d’injustice, d’insupportable et d’intolérable ; que c’est souvent même plus con qu’on pense.

       

      Chanson : C’est souvent plus con qu’on pense

       

      C’est souvent plus con qu’on pense

      Parce qu’on n’y pense pas assez

      C’est souvent plus con qu’on pense

      Parfois, (il) faut dire que c’est assez

       

      C’est assez ! C’est assez ! Basta !

       

      Je suis con, je suis con, je suis contre

      Ce qui est con, ce qui est con

      Ce qui est contre toi

      Je suis con, je suis con, je suis contre

      Tout ce qui est con, tout ce qui est contre toi

       

      Je suis con, je suis con, je suis contre

      Ce qui est con, ce qui est con

      Ce qui est contre toi

      Je suis con, je suis con, je suis contre

      Ce qui fait que je suis avec toi

      Je suis avec toi

       

      Si je suis, si je suis avec toi

      Je serai con, je serai contre

      Ce qui est contre toi

      Si je suis, si je suis avec toi

      Je serai con, je serai con

      Mais je serai avec toi

       

      J’ai un amour qui se débat

      Dans le merdier de la tempête

      J’ai un amour que l’on combat

      Pour l’empêcher de faire la fête

      J’ai un amour qui rêve encore

      De tout changer ce qui est mal fait

      J’ai un amour plus fort que mort

      Mais certains jours, que je me sens bête

       

      Je suis con, je suis con, je suis contre

      Ce qui est con, ce qui est con, ce qui est contre vous

      Je suis con, je suis con, je suis contre

      Ce qui fait que je suis avec vous (bis)

       

      C’est souvent plus con qu’on pense

      Parce qu’on n’y pense pas assez

      C’est souvent plus con qu’on pense

      Parfois, (il) faut dire que c’est assez

       

      C’est assez, c’est assez. Basta.

       

      Je suis con, je suis con, je suis contre

      Ce qui est con, ce qui est con, ce qui est contre toi

      Je suis con, je suis con, je suis contre

      Ce qui fait que je suis avec toi

      Je suis avec toi

      Avec toi

       

      Avec toi. Le « avec toi », c’est l’autre aspect du con, dans le mot contextuel. Selon la méthode du « slow collé », je me colle sur le « con » et je trouve le « cum »… en latin (Vous connaissez le latin ? Même si on ne connaît pas le latin, on n’est pas nécessairement con. De toute façon, « con » vient de « cum » qui veut dire « avec ». On retrouve dans le con-cum, le principe de la solidarité. - Même si c’est con, on peut se mettre ensemble pour combattre la connerie. Tout est dans le con-cum. (Je sais que ça fait penser au concombre. Moi qui suis sensible au son des mots, j’y ai pensé tout de suite. Malgré cela, j’hésite à proposer « le concombre » comme symbole de solidarité, pour des raisons qui m’apparaissent évidentes. Il y a quelque chose de trop sérieux, de trop profond dans le con-cum de la solidarité pour le réduire à un concombre. Qu’en pensez-vous? Ce n’est pas parce qu’on est solidaire qu’on est cornichon). Con-cum : Avec toi, avec vous contre la connerie, contre l’injustice, contre l’intolérable, contre la mort. Ce n’est pas un concombre, ça, c’est un concerto résurrectionnel.

      On appelle ça le principe de « solidarité-résurrection » (solidarité résurrectionnelle) (solidarité ressuscitante) (insurrection) : avec vous contre l’injustice, contre la mort. Avec vous contre ce qui vous blesse, contre ce qui vous tue. Il y a là un programme pour un forum de théologie contextuelle de solidarité.

       

    2. TEXTE :

       

      Voici cinq affirmations sérieuses à propos du texte et du contexte : (Vous voyez que je me suis préparé)

       

      1. Le contexte se situe toujours par rapport à un texte.

         

      2. Le texte, en apparence, dit ce qui est permanent, ce qui est figé. (Les écrits restent)

         

      3. Le contexte, en apparence, dit ce qui est actuel et ce qui bouge.

         

      4. Le premier défi, c’est de faire bouger le texte à partir du contexte.

         

      5. Le deuxième défi, c’est de faire bouger le contexte à partir du texte.

       

      Comment dire cela encore plus sérieusement, i.e. en comprenant ce qu’on dit.

       

      Parlons de l’Écriture, du Texte, biblique comme un amas de livres qui est une bibliothèque, la bibliothèque de notre foi. Tant de textes qui parfois s’empoussièrent parce qu’on ne sait plus les lire de façon vivifiante dans notre contexte. Tant de textes qui ne sont plus paroles vivifiantes, Parole vivifiante. - Parfois je trouve que l’Écriture, ce qu’on appelle la Sainte Écriture, on la lit comme si c’était de la paperasse, on en parle en radotant les mêmes histoires.

       

      Le Texte de l’Écriture est Parole

       

      L’Écriture, ce n’est pas de la paperasse

      Et la Parole, pas du radotage

      L’Écriture veut qu’on la refasse

      En l’écrivant à partir de notre âge (bis)

       

      L’Écriture, ce n’est pas de la paperasse

      Et la Parole, pas du placotage

      L’Écriture veut qu’on la refasse

      En l’écrivant à partir de nos marges (bis)

       

      La Parole veut que l’on refasse

      La face du monde à notre visage

      La Parole veut que l’on refasse

      Notre face selon son visage (bis)

       

      « Homme et femme Dieu les créa, selon son visage, à sa ressemblance ».

       

      Le grand défi, théologique s’il en est un, c’est de refaire la face du monde, des femmes et des hommes en ce monde, en le façonnant selon le visage de Dieu. Voilà ce que dit le Texte. Voilà ce qu’il faut réécrire aujourd’hui dans un autre contexte. Cette entreprise d’Écriture est révolutionnaire, car désormais l’Écriture se réécrit à partir de nos vies, comme un amour engagé, comme une Parole vivifiante.

      Oui, le texte se réécrit à partir du contexte.

      Mais le problème du Texte, trop souvent, c’est qu’on y a mis un point final alors qu’il est plein de points de suspension (on est suspendu, suspendu, suspendu…) plein de points de suspension parce qu’habité par la vie de ceux (et celles?) qui l’ont écrit. Le problème du Texte, c’est qu’il peut devenir une norme mortifère. Le fondamentalisme, je pense, c’est d’avoir mis un point final au texte qui est toujours à réécrire selon le contexte. Le problème du texte, censé être vivifiant, c’est qu’il peut servir à tuer. Comme on a voulu faire avec la femme adultère (adulte à terre) : « Moise a prescrit de lapider ces femmes-là » disait-on, en s’appuyant sur de vieux textes… Jésus, dans son contexte, a contesté l’application littérale du vieux texte et a fait en sorte qu’on écrive un autre texte, un texte nouveau (Jean 8). Jésus a refusé qu’on tue la femme. (Cf. Comme ce qui se passe en Afghanistan, j’ai failli dire : « sacrament » ! Mais je ne l’ai pas dit : Et il ne faut pas dire « sacrement », il faut dire « sacrifice ». - Le jour où l’on pourra dire : la vie est bonne en sacrement, tout sera sauvé - Mais, dans certains lieux, en certains contextes, on ne peut que dire : « La vie est dure en sacrifice ; la mort est forte en sacrifice » - J’ai hâte de pouvoir dire souvent, plus souvent : « La vie est belle en sacrement ».

      Ces histoires de femmes que l’on tue, culturellement et religieusement… cela nous amène directement au « tuelle » de la théologie « contextuelle ».

       

    3. TUELLE

       

      Car, dans le « contextuelle » de la théologie contextuelle, le plus difficile à cerner et à comprendre est le « tuelle ». Quand on a compris un peu le « con-cum » solidaire et le texte à écrire dans son contexte de solidarité renouvelée, on reste bouleversé devant le « tuelle ». Mais quand on entre dans la méthode du « slow collé », sensible au son des mots comme un « son-ambule » qui marche dans la nuit du temps présent (méthode), des pans d’histoire nous montent douloureusement au cœur, histoire que l’on voudrait effacer si on le pouvait. Mais le « tuelle » nous les remet en pleine face.

      Tuelle. Dans le « tuelle », il y a deux mots qui, quand ils sont mis ensemble, sont intolérables. Dans le « tue » (avec un e), il y a tuer ; et dans le « elle » (avec deux e) il y a une femme, des femmes qu’on a tuées de toutes sortes de façons pour toutes sortes de raisons, de fausses raisons. - Je ne vous ferai pas l’histoire du monde, l’histoire des milliers de femmes assassinées en tant que sorcières… ou en tant que femmes, etc. etc. - Le bilan est trop lourd, on ne s’en sortirait pas indemne. Même un clown y perdrait son âme car il n’y a pas matière à rire.

      Vous savez, ce qui m’a le plus bouleversé, en lisant le dictionnaire, ce fut de découvrir que le mot « con » a été, de façon triviale, associé au sexe de la femme. - C’est bien l’une des grandes conneries de l’Histoire. Comment rire de cela ?

      Heureusement, dans le « tuelle » il y a une voie plus positive qui s’offre à nous. Le tu, sans e, nous ouvre le champ de l’altérité. Tu es toi, autrement que moi. Tu-elle, i.e. tu es elle, l’autre féminine, celle qui me dit, à chaque jour, que je suis différent, autrement. - Ce qui n’empêche pas de poser, à tous les jours, la question de l’égalité, la question de la justice entre hommes et femmes.

      L’histoire du tu-elle commence à peine. Ce n’est pas un duel, c’est la pleine reconnaissance du « tu » en « elle ». Tu-elle. – Con – texte - tu-elle. Une théologie à faire maintenant dans notre contexte. Wow !

 

P.S. Forum québécois :

 

Forum :

 

Pourquoi un forum ? Est-ce « for homme » seulement ?

Pourquoi pas aussi un « for femme » ?

Un for homme et femme… théologique

Un for-tout le monde

Un for tous-ceux et toutes-celles qui vivent dans le pré de la vie.

Les mots sont toujours piégés.

 

Québécois :

 

Dans le mot québécois, il ya deux choses qui me frappent particulièrement :

Le « bec » et le « coi ». (gestes) « Bec » veut dire aussi langue, parole. Et « coi » veut dire silencieux, fermé. - Le québécois est silencieux, parfois fermé. C’est vrai pour bien des gars, en tout cas. Combien de fois qu’on leur a dit : « Pourquoi tu ne parles pas, Québécois ? » - Et je le vois répondre… silencieusement : « Donne-moi une bière et un match de hockey et tu vas voir comment je parle ». - Sans blague, la grande question concernant le « québécois » du « forum québécois », c’est justement d’oser dire : oser dire ce qui se passe, ce que l’on voit, ce que l’on pense, ce que l’on croit.

 

OSER DIRE. Voilà ! Même si cela a été dit et écrit, il faut encore oser.

 

Une question maintenant se pose : Qui sont les spécialistes de la théologie contextuelle ?

Avec tout ce qu’on a vu, une seule réponse est possible : les spécialistes de cette théologie contextuelle, ce sont ceux et celles qui vivent dans le pré : vous, moi, tu, elle, lui.

Cela étant acquis, on va faire ensemble un exercice de théologie contextuelle, à partir d’une histoire : Une histoire de pou (x) ; de pouls… mise en contexte. L’histoire du pou ou des poux- ou du pouls.

Avez-vous eu déjà eu des poux ? Rien qu’à entendre la question, j’en vois déjà qui se grattent. (C’est de la théologie pratique) - Les poux font partie de l’histoire du monde de façon aussi certaine que… la terre est ronde et tourne autour du soleil. De toute façon, dans le cosmos, la terre apparaît comme un pou. - Je vois la terre qui se gratte… ou plutôt la petite terre qui fait en sorte que le cosmos se gratte.

Les poux ne sont pas une catastrophe écologique. Ils sont simplement répugnants et agaçants : des parasites. Personne ne souhaite avoir de poux même si souvent on en cherche chez les autres.

« Il cherche des poux », qu’on dit - Il cherche des bibittes - Moi je vous dis : « si vous cherchez des poux, vous aller en trouver. - Sans subvention de recherche.

Ce qui me fascine, avec le mot : pou, poux- pouls, c’est qu’avec le même son, sinon le même mot, on entre dans un univers complètement différent.

Si j’entends Joséphine qui dit à son mari Arthur au sujet de leur fils François : « Arthur, notre François n’a plus de poux (de pouls) », je vais être obligé de tenir compte du CONTEXTE pour savoir si c’est une bonne nouvelle ou non. Est-ce que François avait mal aux cheveux (plein de poux) ou bien s’il est gravement malade et que son pouls est extrêmement faible ?

De quel pou-pouls s’agit-il ?

  1. Ce pou là, ces poux là ? (Se gratter la tête)

  2. Ou ce pouls-là ? (Prendre son pouls)

Est-ce que, quand on parle de poux-pouls, je me gratte la tête ou je me sers le poignet ?

Quand on dit : « Il n’a plus de poux », c’est une bonne nouvelle- Mais si l’on dit : « Il n’a plus de pouls », c’est désastreux, c’est la mort.

Maintenant : Faisons un exercice de théologie contextuelle : Remplaçons le mot « poux » ou « pouls » par « dieu avec un x » ou « Dieu » (« Je n’ai plus de dieux » - « Je n’ai plus de Dieu ». - Ou bien, Dieu me fait vivre.

Ce que je considère comme dieu ou Dieu est mortifère ou vivifiant. Je vous assure : on trouverait plein de choses… terribles et bonnes. (Selon qu’on imagine Dieu comme un pou qui pique ou comme un pouls qui reflète le battement de la vie. Selon les contextes ou les textes, Dieu peut apparaître comme une piqûre désagréable ou intolérable, ou bien comme le battement de la vie. Un pou ou un pouls.

Cela me fait penser à un grand philosophe et à une petite fille de sept ans.

Le grand philosophe s’appelait Nietzsche. Il y a plus de 100 ans, dans un de ses écrits, il faisait dire à un personnage, un Insensé: « Dieu est mort et c’est nous qui l’avons tué ». - Je pense qu’on n’a pas fini de méditer cela, encore aujourd’hui.

Par ailleurs, il y a à peine plus d’un an, j’ai entendu une petite fille de sept ans qui posait une question existentielle… qui semblait vouloir répondre au grand philosophe. Elle m’a demandé : « Quand est-ce qu’on va vraiment le savoir si Dieu existe ? » Et elle insistait sur le vraiment - J’ai essayé de lui répondre maladroitement. - Après coup, j’ai compris à quel point sa question dépassait tous mes essais de réponse. - Au fond, elle souhaitait ardemment que Dieu existe… et cela était déjà la plus vive foi en Dieu.

Après coup, j’ai imaginé un dialogue avec cette petite fille, cette petite fille qui m’a beaucoup inspiré :

 

Chanson pour la petite fille qui souhaitait que Dieu existe

 

Quand est-ce qu’on va le savoir

Si Dieu existe

Quand est-ce qu’on va vraiment le savoir

Si Dieu existe

Quand est-ce qu’on va le savoir

Si Dieu existe?

Quand est-ce qu’on va vraiment le savoir

Si Dieu existe… vraiment?

 

On le saura peut-être

Si on aime

On le saura peut-être

Si on aime

 

On le saura peut-être

Si on aime

On le saura peut-être

Si on aime …vraiment

 

Mais…

Quand est-ce qu’on va le savoir

Si on aime

Quand est-ce qu’on va vraiment le savoir

Si on aime

Quand est-ce qu’on va le savoir

Si on aime

Quand est-ce qu’on va vraiment le savoir

Si on aime… vraiment?

 

 

On le saura peut-être

Si Dieu existe

On le saura peut-être

Si Dieu existe

On le saura peut-être

Si Dieu existe

On le saura peut-être

Si Dieu existe… vraiment

 

Mais…

Quand est-ce qu’on va le savoir

Si Dieu existe

Quand est-ce qu’on va vraiment le savoir ???

La la la la…

 

Musique… gazou

 

Vraiment

 

Musique… gazou

Vraiment.

 

C’est le cercle herméneutique, diraient les savants philosophes ou théologiens.

Nous, plus simplement, mais aussi sérieusement, nous dirons que c’est : Le cercle de l’interprétation vivifiante. Dieu et l’Amour, s’ils existent vraiment, sont ce qui permet de rendre vivifiant la vie de ceux et celles qui vivent, simplement.

Cela est à la source du principe de la Vivifiante Interprétation Solidaire ou (Vivifiante interprétation en solidarité) = V…I…S. = Vis ! Oui, vis, toi qui es mortel et enfoui dans un monde mortifère. Vis au cœur de la mort ; vis malgré la mort, malgré l’injustice, malgré l’intolérable. VIS ! Vis maintenant, vis toujours. Vis ! C’est l’objectif de la Vivifiante Interprétation Solidaire… ou en Solidarité.

Vis ! Car tu vaux la peine ! Car tu vaux la joie !

J’ai compris cela, il y a longtemps, quand je me posais des questions sur mon identité. Quand je vivais une de mes nombreuses crises d’identité et que je me demandais si j’étais né pour un p’tit pain. (Quand je me voyais cet humble musicien gazouillant).

Encore là, j’ai résisté au fatalisme et à la fatalité, pour moi et pour les autres, en solidarité. J’ai résisté.

 

Personne n’est né pour un gazou

 

Personne n'est né pour un gazou

Je joue du violon dans mes rêves

Personne n'est né pour un p'tit pain

Quand le banquet du temps s'achève

 

Personne n'est né pour un p'tit pain

Chaque miche est tout un univers

Personne n'est un petit chemin

Quand on le prend à ciel ouvert

 

Personne n'a qu'un petit amour

Même quand le coeur est à l'envers

À travers mille et un détours

Tous les ruisseaux mènent à la mer

 

Personne n'est né pour un p'tit sens

Où tous les chemins sont de travers

Au milieu de la nuit de l'absence

Chaque étoile est une lumière

 

Personne n'est né pour une p'tite vie

De chien perdu sur cette terre

Chaque histoire mérite un récit

Plus important que toutes les guerres

 

Personne n'est né pour une p'tite mort

Où l'on retombe dans l'oubli

Chaque bateau cherche son port

Qui ressemble à un paradis

 

Aimons-nous comme on peut…

En riant un peu

 

Les mots et le sens sont sens dessus dessous. (Rapprocher Rimbaud de Sol)

 

Liste des monologues

Bozo