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Vivre ensemble, vivre ensemble : quel projet de fou! Le problème dans ce projet de fou… de vivre ensemble, c’est l’autre. Quand on vit ensemble, il y a toujours au moins un autre, souvent des autres. Et c’est là que les problèmes commencent car l’autre est problématique. Les autres sont problématiques… et vous autres aussi. Il y a longtemps que ce problème se pose. La Bible nous dit que ça remonte pratiquement au début. Tout d’abord l’autre a été le partenaire sur qui on jette la responsabilité du péché, de la faute. Et c’est là que la pomme est apparue pour la première fois, que le complexe de la pomme est apparu pour la première fois. La faute, c’est « pomma faute », c’est elle, c’est lui, c’est le serpent… l’autre, c’est « pommoi, », pas moi. Moi j’ai rien fait.
Chanson :
La faute c’est pas ma faute Moi j’ai rien fait
On tourne la page du Grand livre et voilà qu’on s’enfonce dans le problème de l’autre et du « vivre ensemble ». Après le complexe de la pomme, apparaît le complexe de Caïn. Caïn se trouve à être le frère d’Abel et les deux sont les fils des deux autres, l’Adam et la Dame, marqués par le complexe de la pomme. Le problème de Caïn, si j’ai bien compris, c’est que l’autre est de trop… bon pas vraiment de trop mais un peu de trop. C’est-à-dire que quand l’autre est là, je me sens de trop. En tout cas, y a quelqu’un de trop. Le pauvre Caïn s’est imaginé, et il a fini par le croire, que son Dieu de Père aimait mieux son frère que lui. Alors il s’est dit : s’il n’y a plus de frère, plus d’Abel, Dieu sera juste pour moi ; le Père sera juste pour moi. Et il a décidé de régler le problème à la source ; si le problème, c’est l’autre, faisons disparaître l’autre et il n’y aura plus de problème. Il a zigouillé l’autre, l’autre de trop, croyant résoudre à tout jamais la question du « vivre ensemble »… espérant être pour toujours le seul à avoir part à l’attention du Père-Dieu… et peut-être espérant avoir toute la terre pour lui : toute l’eau, tout le pétrole pour lui (après tout, il y en a qui disent que récits bibliques situent les commencements en Mésopotamie… c’est pas loin de l’Irak ça.
Vivre ensemble, vivre ensemble, quel projet de fou, surtout quand il y en a d’autres.
La guerre a commencé quand l’autre est apparu dans la conscience et dans le champ de vision (on dirait aujourd’hui de télévision)… quand l’autre est apparu comme un rival à abattre. La guerre a commencé quand l’autre est apparu comme une arme de destruction massive qu’il fallait détruire massivement… pour se sécuriser. Si je détruis l’autre, massivement, ce qui restera sera juste pour moi. L’objectif de la guerre, c’est le K.O. (chaos); mettre l’autre K.O. Oui le monde est souvent comme un combat de boxe où l’objectif est de mettre l’autre K.O…. Dans le coin droit Ba-Bush et sa clique; dans le coin gauche, Ba-Saddam et sa gang. Mais que ça clique ou que ça gagne, tout le monde y perd. Mais il arrive que, même quand on croit avoir mis l’autre K.O., il arrive que ce qu’on a fait, ce fut plutôt d’engendrer le chaos. Et alors l’histoire, qui est juge de tout, dira que le combat s’est réglé par une décision partagée. Dans une décision partagée, il y a presque toujours un vaincu qui semble ou croit avoir remporté la victoire et un vainqueur presque honteux de sa victoire. Qui gagne une guerre ? Qui a gagné la guerre ? Bush ou Saddam ? Personne ! C’est la guerre qui a gagné ; c’est le dieu Mars, dieu de la guerre, qui a gagné quand, le 19 mars 2003, on a décidé de faire la guerre. ON, c’est-à-dire personne ; c’est pas moi, c’est l’autre qui a commencé. La guerre est toujours un échec pour ceux qui la font… car c’est la guerre qui gagne tout le temps. C’est elle qui fait le K.O. (punch !), c’est elle qui crée le chaos.
Chanson : La guerre est toujours un échec Pour tout le monde
Vivre ensemble c’est un beau projet, un beau projet de fou.
Comment faire vivre ensemble des gens de races différentes. Le racisme, et nous sommes tous un peu racistes, quelle que soit notre couleur, le racisme nous laisse croire qu’il n’est pas facile de vivre ensemble quand on est des gens de couleurs différentes. De couleurs différentes ? La couleur des races m’a toujours intrigué : il y aurait des Noirs, des Blancs, des Jaunes et des Rouges… (j’en oublie peut-être?). Mais en fait, la plupart des Noirs ne sont pas noirs mais bruns, plus ou moins foncés. Les Blancs ne sont pas blancs mais bruns, plus ou moins pâles, selon la saison ; et quand un Blanc est vraiment blanc, c’est parce qu’il est malade, très malade. Les Rouges ne sont pas rouges, mais bruns plus ou moins pâles-foncés, selon les saisons ; et quand un Peau-rouge, comme on disait, est vraiment rouge, c’est sans doute parce qu’il est très fiévreux ou que le soleil l’a brûlé (comme cela peut arriver aux blancs-pâles qui ne sont pas vraiment blancs). Les Jaunes ne sont pas jaunes, mais bruns plus ou moins pâles eux aussi. Avez-vous déjà vu un Japonais ou un Chinois jaune ? Quand un Japonais, un Chinois, un Vietnamien est vraiment jaune, c’est qu’il a la jaunisse comme cela peut arriver à un Blanc qui n’est pas vraiment blanc. Un Québécois qui a la jaunisse est certainement plus jaune qu’un chinois qui ne l’a pas. En somme la couleur des races est un mélange de brun plus ou moins foncé, plus ou moins pâle. Je n’ai rien contre les couleurs et les identités différentes, mais au sujet des races il faut bien reconnaître que les différences et les identités se dessinent sur un fond de brun, comme pour nous appeler à l’unité et à la fraternité universelle. Vivre ensemble sur un même fond, à partir d’un même fond en intégrant bien sûr les différences.
Vivre ensemble c’est un beau projet, mais un projet de fou.
On parle de fraternité universelle; c’est bien beau mais ça, c’est un langage de gars. Tous frères. Où sont les filles ? Où sont les femmes ? Comment faire vivre ensemble des hommes et des femmes ? Ne répondez pas ! Certains pessimistes disent que les hommes et les femmes ne sont pas faits pour vivre ensemble. Ils ont raison, la plupart du temps, trop souvent, peut-être. Mais fondamentalement, ils se mettent un doigt dans l’œil jusqu’au coude car il y a un « p’tit quec’chose » qui laisse entendre qu’il est possible et même agréable, de temps en temps, pour des hommes et des femmes de vivre ensemble. Je me rappelle une fois… et beaucoup de fois finalement. Il y a quelque chose entre l’Adam et La Dame qui appelle un irrésistible « être ensemble », quelque chose à faire, à bâtir, toujours à bâtir et qui ressemblerait non pas à une fraternité mais à une frasornité ou quelque chose du genre, quelque chose des genres.
Vivre ensemble, c’est un beau projet mais un projet de fous et de folles.
Comment faire vivre ensemble des gens de religions différentes? Depuis toujours, en tout cas depuis longtemps, les humains se battent au nom de leur Dieu. Mon Dieu est plus fort que le tien! (punch !) Mon Dieu est plus vrai que le tien! (punch !) Mon Dieu est meilleur que le tien. (punch !) Il n’y a qu’un Dieu… et c’est le mien qui est plus fort, plus vrai et meilleur que le tien. (punch-punch-punch !). Ce Dieu unique, s’il existe, et pourquoi pas ?… doit se sentir comme un punching bag dans ces querelles interreligieuses où on l’utilise pour fesser sur les autres. Que ce soit au nom d’Allah, du Christ et de son Père, ou de YAWH… quand on fesse au nom de Dieu, quand on se bat au nom de Dieu, quand on fait la guerre au nom de Dieu… c’est toujours Mars, le dieu de la guerre, qui se montre le visage et masque Dieu, le vrai, le bon … qui est peut-être le Dieu des autres tout en étant le nôtre. Mais ça c’est une longue histoire qu’un pauvre clown ne saurait raconter… dans une journée sociale.
Vivre ensemble c’est un beau projet mais un projet de fou.
Comment faire vivre ensemble, des pays différents, des nations différentes. Des nations unies ou des nations désunies. Vivre ensemble pas comme des gros tas unis.
Juste pour toi, juste pour moi… juste pour tout le monde.
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