Jean-Marc Gauthier

 

Monologues

 

 

 

 

Des rites qui marchent dans le bon sens

Rencontre à L'université du Québec à Trois Rivières (8 au 10 mai 2001)

 

 

(IMP: Une copie définitive à retrouver car le texte présent est encore un brouillon)

 

Non mais, est-ce qu'il y en a des rites dans la vie? est-ce qu'on en a des rites? Partout, partout il y a des rites. Tout le temps, tout le temps, il y a des rites. On peut bien être ir-rité... parfois.

Tu te lèves le matin, la première chose qui te saute dans la face : un rite, des rites : les rites du lever ; monsieur ou madame se lève de cette façon, se brosse les dents, prend sa douche, fait son café, prend son café, un peu de lait, un peu de sucre ...n'importe quoi... mais toujours de la même façon... ou presque (Oh ! ce n'est peut-être pas vrai pour vous, madame, monsieur; peut-être que vous vous levez autrement ou que vous vous lavez autrement... mais vous avez vos propres rites ou rituels... presque toujours les mêmes, presque toujours de la même façon. (À moins que vous vous leviez pas, que vous ne vous laviez pas mais là ça serait, comme on dit, un rite manqué... eh oui !... et les autres ne tarderaient pas à souhaiter que vous soyez un peu plus ritualisé... disons. Disons que c'est un genre de rite qui nous aide à apprivoiser la vie... des autres. C'est vraiment un rite qui marche dans le bon sens... le sens en question étant ici l'ODORAT. Oui c'est le genre de rite ou de rituel qui fait qu'on se sent bien et que les autres nous sentent bien - (Oh qu'il est bien dans sa peau... et nous laisse être bien dans la nôtre. Ah vous riez mais le rite de se laver est un des plus vieux et des plus constants dans l'histoire de l'humanité et des religions - On est baptisé dans le Jourdain, on va se laver dans le Gange... ; Les gens n'arrêtent pas de se laver et de se purifier dans toutes les eaux sacrées du monde.). Oui on a nos rites... et très tôt le matin et malheur à celui ou à celle qui vient nous déranger dans nos rites, dans nos rituels (l'ennemi c'est celui qui vient briser le rythme habituel de nos rites).

L'autre grand rite, c'est de manger. On est déjà rendu au déjeuner... au petit déjeuner (oui je sais que certains ont déjà pris un café...mais...). Les rites qu'il y a dans un déjeuner... incroyable. Quelle liturgie il y a dans un repas. Et ça dépend, ça dépend... oui ça dépend des traditions... familiales, culturelles, personnelles ; mais ça dépend fort. Ah ! les rites qu'il y a dans un repas (que ce soit le déjeuner, le dîner, le souper) c'est incroyable. Et ça varie d'une famille à l'autre, d'une culture à l'autre... mais quand tu as acquis une façon de faire, une façon de manger... oh ! la, la !, tu touches pas facilement à ça. Les rites, toujours les rites... La bouffe, manger, manger ensemble...que c'est plein de rites. Celui qui a pensé ou qui a voulu qu'on ritualise sa mémoire dans un repas, celui-là est un génie ou tout simplement un homme de bon sens. Il savait ce qu'il faisait... il marchait dans le bon sens : - Faites ceci en mémoire de moi. Il savait que les êtres humains font toujours les choses les plus importantes autour d'un verre, d'une coupe, d'une assiette, d'un repas ; ils boivent, ils mangent... pour vivre. C'est leur façon de vivre - À condition d'avoir quelque chose à manger et à boire, bien sûr ; sinon c'est terrible car ce n'est pas parce qu'il y a rien à manger ou à boire que tu n'as pas faim, que tu n'as pas soif - mais ça c'est une autre histoire... tellement compliquée... l'histoire du pain quotidien. Revenons aux rites, c'est plus simple, malgré tout.

Mais qu'est-ce que je disais ? Ah oui les rites et on est rien que rendu au déjeuner ; la journée va être longue ! On est rien que rendu au déjeuner et déjà la vie est remplie de rites. Ah, vous allez me dire que ce ne sont pas de vrais rites... ou en tout cas que ce sont des rites sans importance, des banalités : se LEVER, se LAVER, MANGER. Mais ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai. Enlevez ces rites, enlevez les rites et vous êtes complètement perdus. Perdus dans le temps, perdus dans l'espace, perdus dans la vie... perdus, perdus, perdus.

 

Chanson: Perdus sans nos rites

 

Perdus sans nos rites

Quand tout va si vite

Nous sommes perdus, perdus, perdus

Perdus sans nos rites (rythmes)

Quand ça tourne trop vite

Nous sommes perdus, perdus, perdus

 

Ça commence le matin

Quand nous mangeons nos croutes

Quand le temps est incertain

Et qu'on a peur de la route

Ça continue le lendemain

Quand nous cherchons... cette route

Attendant qu'une main

Dissipe tous nos doutes

 

On se lève, on se lave et l'on mange

On se crève, on en bave ou l'on change

On enlève les entraves des anges

On se lève, on se lave et l'on mange

 

On se repose, on se dépose de nos choses

On se repose quand le temps est morose

Surtout quand les choses nous indisposent

On se dépose de ces choses... on se (re)pose.

 

Cela demande une explication. C'est bien beau chanter des chansons mais il faut expliquer le sens caché de certaines paroles énigmatiques... sinon il n'y a plus de communication. On ne se parle plus, on parle tout seul.

 

On se lève, on se lave et l'on mange

On se crève, on en bave ou l'on change

On enlève les entraves des anges

 

ENLEVER les entraves des anges (à part des rimes, cela a du sens). Les anges sont des messagers i.e les symboles de la communication; ce qui est très difficile dans notre monde malgré les outils les plus perfectionnés qui existent; les anges, les messagers ont des entraves qui les empêchent de communiquer, il faut les enlever ces entraves qui empêchent d'avancer pour qu'ils puissent communiquer, i.e pour que nous communiquions... ; c'est le rôle des rites quand ils marchent dans le bon sens; ils favorisent la communication). Les anges sont les patrons d'internet ou plutôt ils sont les prédécesseurs d'internet (la théologie de l'internet est une angelologie). Si l'on empêche la bonne nouvelle d'être annoncé, on met des entraves aux anges ; on empêche l'ANGELOS d'être EU-ANGELOS, l'ange d'être angélique, d'être évangélique; que la nouvelle soit une bonne nouvelle.

 

On se lève, on se lave et l'on mange

...

 

Et l'on rêve d'un conclave qui dé-range

 

(Mais qu'est-ce que je dis là... oubliez ça... c'est un lapsus... en tout cas une affaire que t'as fini par dire sans vouloir vraiment la dire. Il faut pas dire ça). C'est comme si je parlais en langue ; ça m'arrive comme ça. Et saint Paul dit qu'il ne faut pas parler en langues à moins qu'il y ait quelqu'un pour interpréter. Moi, je ne sais pas interpréter et je n'ose pas interpréter. Vous pouvez sûrement le faire. Qu'est-ce que veut dire : ET L'ON REVE D'UN CONCLAVE QUI DÉ-RANGE ?? Je ne sais pas... le savez-vous ?

 

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Se lever, se laver et manger = des rites qui nous mettent en route, qui nous font marcher... dans le bon sens

 

D'autres rites :

 

- le sabbat (repos et action : lit-urgie)

- la marche ensemble (mani-festation)

- la lapidation (mani-festation) (Jn,8) (les mains dans le mauvais sens)

- le-re-rite (ré-pétition = re-demander)

- le sacrifice (mort et bouffe) = faire du sacré (Abraham...)

- la danse (les pieds)

- la communication (les anges) ; la parole (on se parle) (le sens ou le contre-sens)

 

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Les rites nous situent dans la vie et nous sécurisent. On a tellement besoin d'être situés, on a tellement besoin d'être sécurisés. Parfois je me demande si on n'a pas plus besoin d'être sécurisés que d'être aimés... mais c'est encore une autre histoire ; revenons aux rites. Vraiment, c'est encore ce qu'il y a de plus simple...malgré tout.

En tout cas, c'est facile de comprendre ce qu'est un rite : c'est de faire à peu près toujours les mêmes choses en espérant à peu près toujours les mêmes résultats (RÉ-PÉTITION). Tu fais ça... t'as ça. Un bon rite, c'est un rite qui marche... et qui marche dans le bon sens, je veux dire qui fonctionne... mais aussi qui t'aide à marcher, à avancer sur le chemin, simplement mais clairement... je veux dire comme une lumière. Tu sais où tu t'en vas. Un bon rite ça balise le chemin, ça aide à marcher pour toi et pour les autres que tu aimes. Tu veux que ton enfant soit baptisé... qu'est-ce ça veut dire ? Ben… ça veut dire que tu penses qu'avec ce rite, le baptême, tu crois que ça met ton enfant en marche, ça permet d'avancer dans le bon sens, dans la lumière. Alors tu dis : on le baptise et on le baptise. On prend de l'eau, on lui verse sur la tête (Au nom du Père ...) puis il est baptisé ; il me semble que ce n'est pas compliqué. Je vois pas qu'est-ce qu'ils ont à toujours compliquer les affaires. Ils veulent que ça ait du sens. Mais où est-ce qu'on va le trouver le sens ? Le sens est dans le rite, pas ailleurs, pas en dehors... si on croit qu'avec cela on avance ; il suffit de bien faire, de bien vivre le rite. N'importe qui vous dira ça. Si tu fais bien le rite, il a du sens... et on avance... et ça marche. Oui le rite ça marche... si t'avances avec lui... dans le bon sens.

On voudrait que les gens mé-ritent leurs rites ou que les rites méritent quelque chose. Je fais mes rites et là je mérite ce qui vient au bout du rite. Je ne sais pas quoi...quelque chose que j'aurais gagné avec mes rites, avec mérite. Gagner, toujours gagner (on est des winners) ; il faut gagner quelque chose au bout de l'épreuve. Mais si c'était le rite lui-même qui était la victoire... s'il faut parler de victoire. Tu te lèves, tu te laves et tu manges (3 des plus grand rites de l'humanité : pour les chrétiens, on a déjà la résurrection, le baptême et l'eucharistie; c'est pas mal pour un début). Tu te lèves, tu te laves et tu manges... tu ne t'attends pas à ce qu'il y ait autre chose après l'épreuve. Tout ce qui se passe de bon est dans le rite : tu te lèves et ça suffit pour être levé ; tu te laves et ça suffit pour être propre (il n'y pas une prime accordée après coup) ; tu manges et ça suffit pour être comblé. L'important, c'est de bien se lever, de bien se laver, de bien manger. Y a-t-il un sens... en plus ? Si ça n'a pas de sens...

Si ça n'a pas de sens, ça doit être parce qu'on fait mal les rites, qu'on vit mal ou qu'on a mal aux rites. Ah oui ! je crois qu'on a mal aux rites... par les temps qui courent. On court tellement, par les temps qui courent, qu'on finit par avoir mal aux rites. Et ça court, et ça court, et ça court... (au secours ! ) et on finit par avoir mal partout... à tous les rites. Avec le temps qui court, on a mal à tous les rites. On est essoufflé... et on voudrait retrouver le temps... quand on avait le temps de vivre les choses... en respectant les rythmes et les rites. Ça va ensemble... tu as un rythme... et un rite... pour t'aider à rythmer.

 

MUSIQUE (Gazou)

 

Chanson :

 

Perdus sans nos rites

Quand tout va si vite

Nous sommes perdus, perdus, perdus

Perdus sans nos rites (rythmes)

Quand ça tourne trop vite

Nous sommes perdus, perdus, perdus

 

Et là on aurait le goût de se retrouver en se reposant. (Ah ! on est déjà rendu au coucher). Dieu lui-même a compris ça, il y a longtemps... Ha ! Ha ! ...à la création du monde... ce monde qu'il a créé comme un grand rite... le rite de la vie qui se donne - et Dieu vit que c'était bon -)... Eh bien Dieu lui-même a compris cela...l'importance du repos ritualisé, de l'arrêt (STOP !) en forme de rite, l'arrêt en forme de rite. Et le 7e jour, il se reposa...il se reposa...il se reposa (je pourrais le dire 7 fois... mais on va arrêter… pour cette fois). IL SE REPOSA... et ce fut le SABBAT. Nous on se BAT, ON SE BAT avec le temps qui court pendant que Dieu se SABBAT... tout simplement. (Eh ! réveille ! qu'on a le goût de lui dire). Ah ! ça c'est un sacré rituel, un sacré rite... le sabbat...le repos. Prendre le temps de laisser reposer la terre, de laisser reposer les choses. Quelque chose comme un JUBILÉ (Le JUBILÉ ça revient à tous les 50 ans... mais le SABBAT... c'est à tous les 7 jours... comme la messe du dimanche)... Mais la vie... elle, ça revient à tous les jours... i.e au QUOTIDIEN. Le sabbat, le repos c'est le grand problème des rites, de la lit-urgie le mot le dit : dans LIT-URGIE, il l'URGIE, l'URGENCE et le LIT : le repos. Nous on est fort sur l'URGIE. Ça urge, ça urge, il faut faire et se dépêcher de faire parce que ça urge, ça urge. Mas le lit lui, le repos... on a à peine le temps de se reposer, de se sabbater (et je ne parle pas des choses à faire dans le lit ; oh ! que non, je n'oserais pas devant une assemblée si noble et si sacrée ; et de toute façon, ça risquerait de nous sortir de la liturgie. La liturgie ne sait pas trop quoi faire avec l'action qui se passe dans le lit (et pourtant quel rite il y a là... mais on n'embarque pas là-dedans; trop compliqué, trop toutché ; chut !....alors il vaut mieux parler de repos. La grande question de la liturgie c'est d'essayer d'allier repos et travail, sabbat et création. N.B. résurrection vient de resurgere comme ré-surgence... qui veut dire RENAîTRE. La ré-surgence, c'est la renaissance. Il y a dans la liturgie une URGENCE et une RÉSURGENCE possible.

 

Chanson :

 

Laissons reposer la terre (cf. ce qui est écrit pour la sabbatique de Lise Baroni)

 

Laissons reposer la terre

Donnons-nous encore le temps

Laissons reposer la terre

Donnons-nous encore du temps

 

  1. Je te donne du temps

    Tu me donnes du temps

    Il se donne du temps

    Nous nous donnons du temps

    Vous vous donnez du temps

    Ils se donnent du temps

    Avec tout ce temps

    Nous prendrons le temps

     

  2. Quand s'abattent sur nous

    Tempêtes et vents

    Quand le sabbat, chez nous,

    Ressemble à un tourment

    On court comme des fous

    A vingt rendez-vous

    Il est plus que temps

    De retrouver son temps

    Il est plus que temps

    De respirer longtemps

     

  3. Je te donne le temps

    Tu me donnes le temps

    Il me donne le temps

    Nous nous donnons le temps

    Vous vous donnez le temps

    Ils se donnent le temps

    Avec tout ce temps

    Nous prendrons du bon temps

 

(DES RITES À DORMIR DEBOUT) mettre en en lien avec LIT-urgie (lieu de repos et pour refaire nos forces mais pas lieu de platitude... à dormir debout ( comme Popa et Moman dans la P'tite vie ; on a souvent des rites de P'tite vie plate).

Pourquoi faut-il que les rites soient plats? (Est-ce que les rites sont plats ?). Vous savez ce que veut dire PLATS? (Geste de platitude)... sans relief... comme s'il ne se passait rien. La définition d'un rite plat... c'est attendre que ça passe...et ça passe très lentement et il ne se passe rien. Attendre que ça passe, c'est la définition de l'enfer... parce que c'est plat à en mourir ; alors que le ciel c'est : attendre que ça dure... parce que c'est bon. Quand c'est bon, on veut que ça dure... éternellement... comme la vie. Quand c'est plat on veut que ça passe au plus sacrant... et on a l'impression que ça dure éternellement. Mais pourquoi faut-il que les rites soient plats ? Qui y gagne ? Un jour j'ai assisté à une messe plate. C'était dans un grand rassemblement. Il y avait des centaines et des centaines de personnes. J'arrive là, le matin ; déjà beaucoup de gens sont là. Ça parle ça rit, ça chante ; il y en a qui ont apporté leurs guitares et ils chantent des chansons comme ça joyeusement. Et tout à coup, on annonce que c'est l'heure de la messe. Les gens se la ferment; la musique arrête. La messe commence (faire le bruit plat...onoumounounoumounoum...) pas de musique, pas de parole partagée. Quelqu'un en avant, un dignitaire épiscopal de bonne volonté qui préside platement à un rite plat. Il ne se passe rien. Le message qui semble nous être dit... platement : supportez ce temps d'épreuve, souffrez maintenant, en silence, vous aurez des grâces quand même... plus tard... si vous réussissez à traverser le rite... sans dormir debout ou sans mourir sur place. Plat... mais plat. (D'ailleurs quand on dit assister à la messe..c'est en général que c'est plat... sinon on dit : participer à... pourtant on peut assister à un spectacle sans qu'il soit plat).

Un rite manqué... le rite speedyspeedy muffler (trop vite) : dans la région de Gatineau : tu rentres là et tu sens que l'objectif c'est de nous mettre dehors au plus sacrant ! (Alors qu'ailleurs c'est de nous garder endormis le plus longtemps possible). (Vision de l'éternité où l'on chante des chants liturgiques plats pendant toute l'éternité. (CF. Woody Allen : - L'éternité, c'est long surtout vers la fin).

Un rite réussi : dans notre société, le rite le plus important pour les jeunes, c'est l'obtention du permis de conduire. C'est un long processus, beaucoup plus long que la confirmation. On se prépare longtemps... et quand on réussit à obtenir le permis... parfois après un ou deux échecs on a l'impression de devenir quelqu'un ; on peut se déplacer par soi-même, on devient auto-nome... et là on emprunte l'auto de papa (c'est la véritable origine de la papa-mobile). Le rite du permis de conduire aide à apprivoiser le temps... et l'espace ; on se déplace beaucoup plus vite par soi-même; ça nous fait AVANCER... la vie est en avant. Avant, on était mobile avec papa ; après on se déplace sans papa... mais avec sa papa mobile ; et après on se déplace soi-même sans papa et sans son mobile, son auto-mobile. Quel rite de passage ! Ça vaut presqu'une confirmation. Ah je sais !... c'est pas le même esprit ! Et ça coûte plus cher. Peut-être qu'on charge pas assez cher dans nos église ; ça dévalorise le produit.

Les rites ...c'est pour la vie... et pour apprivoiser la mort. L'histoire d'un rite apparemment manqué et finalement réussi ? (Abraham et Isaac ; cf. ce qui a été présenté à Saint-Denis ; prendre aussi d'autres éléments de ce monologue)

Abraham veut faire du sacré (sacri-fice). Il pense que pour faire du sacré, il doit sacrifier son fils à son dieu. C'est extraordinaire ça : de croire que pour faire plaisir à son dieu, on pense qu'on doive sacrifier son fils ou quelqu'un d'autre (c'est un des rites et probablement le rite le plus répandu dans l'histoire des religions.

Tant qu'à donner, il vaut mieux donner...l'autre

- si Abraham avait réalisé son premier rite... i.e immoler Isaac, il aurait réalisé l'anti-rite par excellence du point de vue de la foi judéo-chrétienne; Isaac aurait été enfermé dans le cercle de la mort. Alors que le rite par excellence c'est celui qui ouvre le chemin de la vie... qui permet de marcher dans le bon sens. (parler du grand rite : le sacrifice).

- le récit de la femme adultère = le récit d'un rite manqué (il ne marchait pas dans le bon sens ; il allait contre la vie = la lapidation qui vient du latin lapis, lapidis = pierre et lapidare = attaquer à coups de pierre ; petra = aussi pierre) (une mani-festation violente : on lance des pierres à l'autre) (mettre en lien avec la manifestation du 21 avril 2001) (voir dictionnaire grec-latin-français)

Qu'est ce qu'un rite manqué? 1) ce qui passe à côté de la vie (cf. Salut l'Église!), 2) ce qui ne permet pas d'apprivoiser le temps (long et ennuyeux... et décroché du temps vivant; un rite long et plat comme la mort. –IMP : parler de la mort à apprivoiser : grande question : est-ce que la mort peut-être un rite vivant ????? pas si l'on sacrifie l'autre....

(Faut-il intégrer certains éléments du RÉCIT d'EMMAÜS ; cf. 3 mars 2001)

IMP... IMP : Des chansons à RÉPONDRE (dans une liturgie, il faut qu'il y ait de la place pour la réponse, la participation (Hey ! qu'est-ce que t'en penses)

La danse est un rite ... un rite très important dans beaucoup de liturgie

la danse peut être vivifiante ou mortifère

la danse peut être macabre (danser dans le mauvais sens... le faux pas...faut pas) (il ne faut pas danser dans le mauvais sens)

cf. Jésus : personne avec moi n'a voulu danser (retrouver le texte)

cf. Nietzsche (Zarathoustra : je ne pourrais croire qu'en un Dieu qui sache danser

- un rite qui fait danser la vie

- le demander aux gens dans la salle

 

Chanson :

 

Qu'est-ce que t'en penses

Qu'est-ce que t'en dis

Est-ce que ça danse

Un peu ta vie?

Qu'est-ce que t'en penses

Qu'est-ce que t'en dis

Est-ce que ça danse

Encore la vie?

 

Qu'est-ce que t'en penses

Qu'est-ce que t'en(tu) dis

Est-ce présence

Ou bien oubli?

Qu'est-ce que t'en penses

Qu'est-ce que t'en dis

Est-ce l'absence

Dans la nuit?

 

Qu'est-ce que t'en penses

Qu'est-ce que t'en dis

Est-ce l'ignorance

Ou bien l'ennui

Qu'est-ce que t'en penses

Qu'est-ce que t'en dis

Est-ce de la chance

Ou du souci?

 

Il faut développer le RE-RITE... ou le RITE-RE ou le RITE du RE ce qui est apparemment une contradiction...car le rite est conservateur et répétitif (re-pétitif ; le rite re-pète... à l'infini les mêmes odeurs et ce n'est pas toujours de l'encens... croyez-moi (Il ne faut pas dire cela dans une sainte assemblée, je le sais... mais c'est plus fort que moi et je le re-pète) Il donne souvent l'impression de marcher à reculons...en regardant en arrière. Oh c'est important le passé, c'est important l'histoire. Mais justement, l'histoire est vivante (pas morte)... et être vivant c'est regarder en avant ; ce n'est pas seulement garder le passé c'est garder le présent et surtout garder l'avenir. Mais pour garder l'avenir, il faut re-garder en avant. Et la meilleure façon de garder le passé et le présent... c'est de re-garder l'avenir. Mais oui, mais oui, tout le monde sait ça, surtout les enfants. Un enfant est, par définition ce qui regarde vers l'avenir... et, disait-il, si vous ne redevenez semblable à des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. C'est-y assez clair? (on a jamais pris cela au sérieux, c'est curieux comment on a monté en épingles certains textes, en particulier ceux qui empêchent d'avancer mais ceux qui nous disent de continuer à avancer, de regarder en avant... on les comprend pas). Un enfant, ce n'est pas un modèle d'innocence, de simplicité ; ceux qui ont eu des enfants... vous le savez... un enfant ce n'est pas simple... c'est complexe, comme nous sauf que ça regarde en avant! c'est ce qui regarde vers l'avenir. L'enfant est projet et rêve en avant... pas nostalgie du passé... puisqu'il n'a presque pas de passé - De toute façon, s'il n'a pas eu un bon passé, il ne veut pas y revenir ; et si son passé a été bon il regarde vers l'avenir. (S'il n'y a pas d'avenir, à quoi bon le passé?)

Question : est-ce que Rite vient de re-itérer qui veut dire : reprendre le chemin... donc le rite doit devenir un RE-ITE (il faut re-iter, ré-itérer, i.e aller de nouveau vers l'avant ; reprendre la route (ROU-TE vient de RE-ITE), reprendre le chemin. (ITE MISSA EST eh bien : RE-ITE.. MISSA EST...re-prenez la route...c'est la messe.

 

Re-naître, re-dire, re-faire

Re-voir et re-trouver

Re-naître, re-dire, re-faire

Re-voir et renouveler

 

Re-faire, re-dire, re-naître

Re-voir et re-trouver

Re-lire et re-connaître

 

re-grouper

re-donner

re-chercher

re-commencer

RE-POSER (se poser de nouveau ou prendre un "break. du fait de se poser

re-fonder

re-construire

re-partir (terminer la chanson avec RE-PARTIR)

re-vivre (on ne peut pas re-mourir... mais cf Lazare)

re-jaillir

re-devenir

re-lire

re-luire

ré-fléchir (fléchir à nouveau ou...)

re-fondre

re-assembler (rassembler)

re-tomber

re-tirer (se retirer ou tirer de nouveau?)

re-tracer

re-tourner

re-commander (commander de nouveau ou...)

re-jouer

re-transmettre

re- connaître

re-mettre

re-paître

re-spirer

re-souder

re-lever

re-monter

ré-habiliter

re-lâcher

re-dresser (se dresser de nouveau ou...)

rem-bourser

ré-nover

re-créer

re-générer

ré-former

re-parer

re-coller

re-présenter

ré-citer

re-manier

re-buter (buter de nouveau ou)

re-fouler

re-lier (re-ligion)

re-nouer

re-nier (nier encore comme Pierre)

re-itérer

re-jeter (exclusion ou tendre de nouveau la ligne comme un pasteur ou un pêcheur

bienveillant ; remarquez que le poisson aimerait mieux qu'on le rejette à la mer)

re-porter (porter de nouveau ou remettre à plus tard le fait de porter)

re-mettre (mettre de nouveau ou reporter à plus tard le fait de mettre)

re-prendre

re-sister (tenir ferme)

et re-susciter

re-veiller

ré-percuter

re-quérir

re-produire

re-procher

re-pousser (pousser de nouveau ou remettre à plus tard le fait de pousser)

re-poser (poser de nouveau ou attendre à plus tard l'action à poser)

re-pondre (pondre de nouveau...) (comment peut-on re-pondre...disait la poule?)

 

Arrêtez donc de rejeter et jetez à nouveau votre filet ou votre ligne pour re-pêcher ceux et celles qui ont re-péché... ou qu'on a rejetés.

Une chose est certaine on peut re-vivre mais re-mourir... c'est plus rare

MANI-FESTATION = fêter avec nos mains (latin : manus = main et festus = fête (un ex. de rite réussi: manifestation du 21 avril 2001 au sommet des Amériques ou des peuples)

- on peut mani-fester dans la violence en lançant des pierres - avec ses mains... ou en venir aux mains... comme on dit - ou bien on peut manifester en fêtant et en se donnant la main pour se solidariser... pour défendre les moins bien nantis (on est toujours dans le rite ; il peut être violent ou non... et la violence n'est pas toujours là où l'on pense) (mettre en lien avec Jn 8)

McDonald : de la marde de clown (Oh ! lala !)

Un grand rite : marcher ensemble en scandant des slogans ou en chantant des chansons (on marchait ensemble : quel rite extraordinaire (procession, parade ; on peut regarder la procession ou la parade ou être dans la marche, marcher avec les autres.

 

marcher dans le bon sens

 

- exemple de Castel Gandolfo: un rite plat et ennuyeux

- le permis de conduire (auto-nomie, papa-mobile)

- les rites réussis

- les rites manqués, les échecs... les rites qui bloquent (skandalon)

- les rites sérieux et plats.

- les rites pour vivre, pas pour mourir ??? (fête)

- les rites qui fonctionnent, les rites qui ne fonctionnent pas

 

Le sens théologique et chrétien des rites ecclésiaux

(9 mai 2001)

 

Objectifs: Découvrir le caractère gratuit des rites chrétiens : ils sont là pour apprivoiser la vie

 

Rien à gagner sinon apprivoiser la vie

Déjà donné

 

Rien à gagner - rien à conquérir (rien à perdre)

 

Le rituel ne doit pas être utilisé pour autre chose que ce qu'il manifeste. Il n'est pas là pour obtenir quelque chose d'autre... mais pour reconnaître et célébrer ce qu'il manifeste. Ce qui se joue dans le rituel chrétien n'est pas en vue d'obtenir des faveurs... ou de mériter quoi que ce soit. La faveur est déjà obtenue ou en tout cas offerte (car Dieu est Favorable).

- on n'est pas dans le registre du pur et de l'impur (on n'est pas là pour se purifier) mais dans celui du don et du pardon (pour recevoir un don et un pardon).

N.B. Le sacrifice est dans le registre du pur et de l'impur (donner à manger au Dieu ou le Dieu qui se donne à manger ???? - est-ce que cela est dans le registre du don-pardon ou pur-impur ? (parler du déplacement sacrificiel).

La première liturgie (Gn, 4) dans l'histoire humaine-selon la Bible-i.e après la sortie du paradis - se termine dans le sang et est marquée du sceau de l'envie, de la jalousie quant à la faveur de Dieu à gagner - Caïn est jaloux d'Abel qui semble avoir gagné la faveur de Dieu. Tant qu'on est dans un contexte de faveur à mériter, on risque de sombrer dans la jalousie et la violence. Les rites vécus dans ce registre aboutissent à la mort (les caïnites ; cf R.Girard).

Abraham et Isaac (présenter les grand éléments)

Montrer comment le propre du rite chrétien c'est que l'autre vive, que nous vivions avec les autres (pas de victime à sacrifier).

Mettre en lien avec ceci : dans le Nouveau Testament, le Père parle deux fois et il dit la même chose ou presque : celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le (cf Transfiguration et baptême de Jésus - dernier rituel du premier testament). (Être des auditeurs de la parole et des metteurs en pratique ; Marie parle 6 fois dans le N.T. et une seule fois cela nous est adressé en tant que disciples : - Tout ce qu'il vous dira, FAITES-LE). Dieu n'envoie pas son fils pour qu'on le lui sacrifie mais pour qu'on l'écoute. Mais - il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas reçu (Jn, 1). - Si Jésus meurt ce n'est parce qu'on a besoin que le Fils soit sacrifié mais c'est parce qu'on ne l'a pas écouté et qu'on a fini par le tuer.

Cela (lien avec Caïn et Abel) est repris dans la Parabole du fils prodigue (Lc, 15) : - Un Père avait deux fils, prodigalité, pardon, jalousie (le Fils aîné est dans le registre du pur et de l'impur, l'autre fils et le Père sont dans le registre du don et du pardon...). Parler du rite célébré pour le retour du fils prodigue (on fête pour apprivoiser la vie ; le fils qui était perdu est retrouvé, il était mort, il est revenu à la vie. Le Père manifeste le don et le fils prodigue se situe dans le registre du contre-don reçu comme par-don. Le fils aîné tente de ramener cela dans le registre du pur et de l'impur ou dans celui du mérite.... mais le père l'invite à entrer dans la fête qui célèbre le don et le pardon. (Si cette parabole rejouait la dramatique de Caïn et Abel, elle se terminerait par le meurtre du fils prodigue par le fils aîné. - C'est d'ailleurs comme ça que s'est terminé l'histoire de Jésus, le prodigue du Père... tué par ses frères aînés, jaloux de son rapport à Dieu (cf. H. Denis).

Cela est repris dans le récit de Jésus avec la femme adultère (Jn,8). Les scribes et les pharisiens tentent de former une communauté de mort autour de la femme adultère à partir du registre du pur et de l'impur. Jésus les invite à entrer dans le registre du don et du pardon (en poussant au bout les aberrations du registre du pur et de l'impur : - Que celui qui est sans péché lui lance la première pierre; en radicalisant les exigences de pureté... il démontre l'absurdité du système - La lapidation est un rituel(rite)... un rituel de mort...croyant plaire à Dieu - cf. évangile de Jean).

Cela est repris dans la Parabole du bon Samaritain (Lc, 10). (Que faut-il faire pour avoir la vie éternelle ?). Quelle est la pratique qui donne vie, qui célèbre la vie? Samaritain vs prêtre et lévite... qui sont deux représentants des rites à faire, de la liturgie. Le rite à faire c'est de prendre soin de l'autre qui est sur le bord du chemin. On est dans le registre du don. En tout cas, ce qui est à faire en priorité c'est cela... et les rites sont en fonction de cela. (cf Jésus, l'anti-ritualiste ; donner des exemples : guérir le jour du sabbat, le temple, les repas avec les pécheurs (don et pardon avant pur et impur).

L'eucharistie = Passer du texte de Caïn et Abel (ou un frère est éliminé dans une convoitise liturgique) à l'eucharistie ou l'autre (et les autres) est(sont) acueilli-s et reçu-s comme un don.

Les rites ecclésiaux sont fondamentalement ecclésiaux i.e qu'ils intègrent les autres, l'assemblée. Ils n'excluent pas, ne tuent pas... mais rassemblent, intègrent et font vivre. Il n'y a pas de victime à sacrifier. Même l'eucharistie, qui nous présente un rite de victime sacrifiée et mangée par les convives, est d'abord dans le registre du don et du pardon. (Cf. Le refus de Dieu de reconnaître le bien-fondé de la mise à mort de la victime... comme Jésus avec la femme adultère) - Ce qu'on célèbre dans l'eucharistie, ce n'est pas le meurtre sacralisé de Jésus mais le don de vie de Dieu qui refuse que le Fils soit enfermé dans la mort.

- mais il y a un sens à fabriquer dans la réception... et la réception collective du don, dans l'apprivoisement de la vie : En somme, ce qui est à construire- si l'on peut dire - c'est le visage humain du déjà donné, du gratuitement donné, de la vie offerte. (Classiquement on appelait cela la réception de la grâce).

Le rite chrétien annonce le Vivant-vivifiant (où si l'on veut... l'Amour vivifiant ; mais la réception concrète et pratique de cela ne va pas de soi ; recevoir l'amour... apprivoiser la vie ça se ritualise... et c'est tout un défi.)

Si le rituel implique une démarche (donc quelque chose à faire)... cette démarche se manifeste comme un art de la réception qui peut prendre la forme d'un contre-don (cf. Chauvet), qui implique une conversion religieuse (cf. Lonergan: To be in love... Rm, 5,5 -- Cf L'esprit du don).

- On a fait souvent du rituel chrétien quelque chose de pénible à traverser - comme une épreuve - pour obtenir quelque chose d'autre. C'est vrai qu'il peut y avoir quelque chose d'une épreuve dans certains rites-rites de passage - mais le propre des rites chrétiens... n'est pas dans cette ligne. (La célébration d'un don, la réception d'un don).

Cf : Célébrer pour apprivoiser la vie = célébrer le don... re-donner (Un Re-don qui n’est pas une RE-DONDANCE.

Imp : les rites chrétiens et la question de l'exclusion (cf. ce qui identifie...risque d'exclure). Un contexte de pur-impur ou don pardon

 

Réaction au rituel de l'ADACE :

 

Objectifs : Marquer la dimension eschatologique de tout rituel chrétien

 

MAIS QU'EST-CE QU'ON ATTEND?

 

Ah c'est beau une ADACE... on est comme une assemblée, comme une communauté en attente... oui une Assemblée dominicale en attente d'eucharistie... ou de célébration eucharistique. (Une communauté en attente ou une communauté sous la tente... comme au désert... tendue vers la Terre promise (ou sans la tente : A-TENTE) )

 

(Réflexion sur l'attente : Ah l'attente ! (La tente : le camping sacré). C'est quelque chose l'ATTENTE. ATTENDRE, ATTENDRE... on attend souvent, on attend longtemps. Vous aimez ça attendre? en général, on n'aime pas ça attendre. Moi je n'aime pas tellement ça. Je n'ai pas grand plaisir à me mettre dans une file à attendre... à attendre que ce que j'attends arrive. Vous, vous aimez ça? pas vraiment... j'en suis certain... ou presque. Ça me fait penser à un de mes amis qui disait : - Si j'arrive en retard aux réunions, c'est que je n'aime pas ça attendre. Ah oui ! Et tu penses que les autres aiment ça t'attendre? - Attendre ou faire attendre, voilà la question ! - Dans le mot attendre, il y a le mot tendre. Est-ce que ça veut dire qu'il y a de la tendresse dans l'attente ou de la tension? Est-ce que c'est tendre ou on est tendu?... tendu vers? La TENDRESSE, la TENSION... tout cela est dans l'attente. De la tendresse, de la tension...je t'attends. C'est merveilleux... quelqu'un qui nous attend ; c'est merveilleux d'attendre quelqu'un... s'il finit par arriver. Mais s'il n'arrive pas, c'est terrible. L'attente est terrible quand celui ou celle que l'on n'attend n'arrive jamais.

 

(jouer au blanc de mémoire. pour faire expérimenter le malaise d'attendre).

 

Chanson :

 

Je t'attends et tu n'arrives jamais

Je t'attends, on m'a dit que tu viendrais

Je t'attends mais tu n'arrives jamais

Je t'attends, je savais que tu viendrais

 

Où étais-tu passé

Je ne te voyais plus

Où étais-tu allé

Tu étais disparu

Où étais-tu passé

Caché sur l'autre rue

Où étais-tu allé

Il n'y a pas d'autre rue

 

On attend, on attend mais qu'est-ce qu'on attend? Et qui est-ce qu'on attend?

Une Assemblée dominicale en attente d'eucharistie (une ADACE). Alors, ce qu'on attend, c'est l'eucharistie. Mais comment on attend ça... l'eucharistie. Et où est-ce qu'on attend ça? Ça ne nous arrivera quand même pas par la poste. Oh bonjour, c'est le bureau de poste ; on a reçu un colis pour vous ; ça semble être une messe. Vous venez la chercher ou on vous envoie un livreur. Une messe, c'est quand même pas une pizza... quoique on est censé manger quelque chose.

On appelle ça une ADACE, mais on aurait pu appeler ça une ADAM. Oui, c'aurait pu être une ADAM. Non, non, non pas une Dame... (pas attendre une Dame... ça c'est autre chose et ça non plus ça n'arrive pas par la poste) une ADAM... A-D-A-M. ...ADAM (une Assemblée Dominicale en Attente de Messe). Mais une ADAM ça fait dur comme expression... non ? ; un ADAM ça va mais une ADAM; à moins qu'on voie cela comme la réconciliation de l'homme et de la femme dans la messe; la réconciliation entre une DAME et un ADAM. - Ah, dit ADAM on va célébrer une ADAM, ma Dame. - Ah oui, dit la Dame, mais qui est-ce qui préside ? Une fois c'est toi, une fois c'est moi. - Ah ça dépend dit Adam : si c'est une assemblée dominicale en absence ou en attente de messe... ça peut être toi ; mais si c'est une Assemblée Dominicale Avec Messe (ADAM) c'est moi. - Mais pourquoi ne pourrais-je présider l'ADAM avec messe... dit la Dame ? - Parce que ce n'est pas conforme à la tradition dit l'ADAM à la DAME ; je crois qu'on va attendre encore ; on n'est pas prêt pour tout changer ça... ma belle Adame. Il faut attendre, attendre le prêtre... qui représente le Nouvel ADAM. – Mais, lui répondit la Dame : - La vie, elle, elle n'attend pas... en tout cas... pas toujours. Ça va vite la vie et si tu l'apprivoises pas, elle passe la vie. On peut pas vivre toute notre (sa) vie en attendant que l'autre arrive. - C'est vrai, tu as raison, dit l'ADAM à la DAME. (Elle avait bien raison... mais le poids de l'Histoire faisait que... en attendant et en pratique... elle risquait d'avoir tort. - C'est comme la condamnation de Galilée qui prétendait que la terre tourne autour du soleil. Quel prétentieux quand depuis toujours... on croyait et on disait que c'est le soleil qui tourne autour de la terre ; Galilée a fait semblant d'avoir tort même s'il avait raison : - Et pourtant elle tourne, qu'il a dit pour lui-même et le monde entier l'a entendu... Et depuis ce temps, le monde entier ou presque est convaincu que la terre tourne autour du soleil. Et pourtant, il n'y a pas beaucoup de monde qui l'a vue. Oui, disait Galilée (cf Chanson : On tourne en rond ou Et pourtant elle tourne).

 

Et pourtant elle tourne

Oui pourtant elle tourne

Et pourtant elle tourne

Oui pourtant elle tourne (Après : Je t'attends...)

 

Oui la terre continue à tourner autour du soleil quoi qu'en disent tous les théoriciens et tous les idéologues du monde. Et la vie continuera à avancer quoiqu'en disent et quoique fassent tous ceux qui se tournent vers le passé... comme s'ils devaient y retourner. On ne doit pas RETOURNER AU PASSÉ, on doit se laisser RETOURNER PAR LE PASSÉ... quand le passé offre matière à nous retourner.

 

Et pourtant elle tourne

Oui pourtant ça tourne

Et pourtant elle tourne

Et ça nous retourne. (cf : Retourne-toi... à St-Pierre de Rome)

 

Avant on appelait ça une ADAP, oui oui, une ADAP: une Assemblée dominicale en absence de prêtre. Mais là on s'est dit : ça n'a pas de sens. On attendait un prêtre, on attendait un prêtre... pas de prêtre. Tu vis un certain temps en attendant... mais tu peux pas toujours vivre en attendant. Et un prêtre, tu ne fais pas ça comme ça... quand il n'y en a plus. Pour faire un prêtre, ça demande des ingrédients très spéciaux. D'abord ça prend des ingrédients mâles (Oh ce n'est pas que les ingrédients mâles soient mieux que les autres... bien entendu...c'est juste que ça c'est toujours fait comme ça. Et j'imagine que si ça s'est toujours fait comme ça, ça doit toujours être comme ça... j'imagine, j'imagine. - Ensuite ça prend des ingrédients, comment dire... célibataires... (ça prend un ADAM qui n'est pas lié avec une Adame) qui n'ont pas touché au mariage... ou en tout cas qui n'y touchent plus. Oh! ce n'est pas que le mariage ne soit pas bon. Oh non ! c'est très bon au contraire. Mais ce n'est pas facile, pas facile le mariage - pas facile hein !? (Moi je en suis pas marié et je ne suis pas prêtre non plus). Et comme être prêtre ce n'est pas facile non plus, (pas facile hein !?). Alors il ne faut pas mettre ensemble deux choses pas faciles... c'est déjà assez difficile comme ça. J'imagine que c'est ça qu'on s'est dit. Allez-y voir. Allez voir si ça a du sens, ça c'est une autre question... et moi je ne saurais pas répondre à ce genre de question... car c'est vraiment une question de genre et de style (comme disent les jeunes : genre... style). J'attends… oui, oui j'attends ...une réponse signifiante. Car moi, je suis un CAS, eh oui un CAS, un cas très spécial, un cas-limite..., en tout cas un CAS, C-A-S: un Clown en Attente de Sens. Je suis un cas ? Je suis en attente de sens et je cherche, pauvre clown que je suis... mais je dois avouer que ça ne m'apparaît pas clair... pas clair du tout; et pourtant le problème, disent certains, c'est que c'est trop clerc... beaucoup trop clerc… que c'est même cler-ical. Je ne comprends pas pourquoi quand c'est clair, y cale. Pourquoi on s'enfonce et dans quoi on s'enfonce? Je ne comprends pas pourquoi plus c'est clerc, plus y cale. (- On n'est pas des trous de beigne... et Ti-Paul Latour)

 

Et pourtant elle tourne

Oui pourtant elle tourne

Et pourtant ça tourne

Oui ça nous retourne.

 

Thème : - Mais qu'est-ce qu'on attend ?

 

Chanson :

 

Musique

 

Qu'est-ce qu'on attend

     mais qu'est-ce qu'on attend

Pour ouvrir la fenêtre (les fenêtres)

 

Qu'est-ce qu'on attend

     mais qu'est-ce qu'on attend

Pour se laisser renaître

     (pour se laisser renaître ?)

 

  1. Est-ce qu'on attend

    Est-ce qu'on attend le Messie

    Mais Il est venu

    C'était un vendredi (ou un dimanche)

    Est-ce qu'on attend

    La semaine des 4 jeudis

    Elle ne viendra plus

    Le Messie nous l'a dit (Ni celle des trois mardis ou samedis)

     

  2. Est-ce qu'on attend

    Que le chemin soit fini

    Pour prendre le temps

    D'apprivoiser la vie

    Est-ce qu'on attend

    Que nos vies soient finies

    Pour se dire : - Dans le temps

    Comme c'était bon la vie

     

  3. Est-ce qu'on attend

    De rêver un paradis

    Pour prendre le temps

    De dire oui à la vie

    Est-ce qu'on attend

    Le chemin de l'oubli

    Tout en se rappelant

    De vieilles nostalgies

     

    (monologue sur le passé :

     

    Ça va revenir comme avant (cf Chanson sur la nostalgie)

     

  4. Est-ce qu'on attend

    De sombrer dans la nuit

    Pour faire un chant

    Qui dise notre ennui

    Ou... est-ce qu'on attend

    Le souffle de l'Esprit

    Qui comme le vent

    Ré-invente ... la vie

     

  5. Est-ce qu'on attend

    Un autre... ou bien c'est lui

    Regarde en avant

    Et marche... qu'il a dit

    Est-ce qu'on attend

    La semaine des 4 jeudis

    Non, c'est un Avent

    Qui s'annonce... aujourd'hui

     

    C'était une semaine

    Où il n'y avait qu'un jeudi

    De la dernière Cène

    Juste avant le Vendredi

     

    Est-ce qu'on l'attend Lui

    On attend qu'il revienne

    Et il revient... Lui

    Comme à chaque Cène

    Est-ce qu'on l'attend ...Lui

    On attend qu'il revienne

    Et il revient... Lui

    Comme à chaque Cène

    Qui rappelle la dernière

    Qui rappelle la dernière

    Comme si c'était la première

    Qui rappelle la dernière

    Qui rappelle la dernière

    Comme si c'était la première

    Cène

(après : Et pourtant elle tourne)

 

Est-ce qu'on attend la MESSE ou le MESSIE ? Le rite ou Celui qui qui vient au coeur du rite - Viens Seigneur Jésus (maranatha : des jeunes en attente du Seigneur).

 

(cf. Juifs et chrétiens: attente du messie)

 

Êtes-vous PRO-VIE ou PRO-CHOIX

 

Oh la la, quelle question ; on peut-y prendre les deux ? La liberté et la vie. Moi je prends les deux. Pourquoi choisir quand on peut tout prendre) La liberté et la vie: C'est quand même mieux que l'esclavage, la soumission et la mort.

Eh oui ! moi je suis pour la liberté et la vie (Toute la Bonne nouvelle se résume là-dedans).

 

PRO-MESSE ou PRO-ADACE ?

 

Êtes-vous pro-messe? On peut pas être contre mais il faut la tenir... ; le problème, c'est s'il n'y a personne pour la tenir. C'est à travers ceux et celles qui se rappellent, qui font mémoire...que la pro-messe se réalise.

On peut prendre les deux, ça dépend. L'important, c'est la liberté et la vie.

 

De toute façon, ce qui compte c'est d'accueillir celui qui vient se manifester...

 

PRO-MESSE ou PRO-ATTENTE ? La différence est-elle si grande ? Quand tu attends, t'attends quoi ? T'attends qui ?

Dans l'ADACE t'attends quoi ? t'attends qui ? Tu n'attends pas la messe ? T'attends la promesse (L'eschatologie est dans le rite... dans le présent du rite... dans la pro-messe inscrite au coeur du rite). (Il y a dans le rite une tension... vers la fin).

Moi je suis PRO-MESSE et je souhaite que la promesse se réalise. - Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps. Toute la messe et pro-messe est là. - AVEC VOUS TOUS LES JOURS, ça ressemble dangereusement à une PRÉSENCE RÉELLE.

 

Chanson : Salut l'Église ???

 

(ajouter des points qui parlent de l'attente ; une Église déprimée qui n'attend plus rien ni personne (faire une une partie du monologue fait à Montréal le 3 mars).

 

À ajouter ??? Lien avec le récit d'Emmaüs (On attendait, on veut qu'il reste... et il disparaît). Tu parles d'un drôle de pistolet. On lui dit : - reste avec nous et à la première occasion, il disparaît. Et il faut se remettre à l'attendre.

 

Et pourtant il avait dit : - Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps.

Ce n'est pas rien : ÊTRE... AVEC VOUS ...TOUS LES JOURS... JUSQU'A LA FIN (c'est ça l'eschatologie).

Il est là ou il n'est pas là ? Être avec vous... être avec vous c'est bien beau mais il faut que ça veuille dire quelque chose.

En fait on s'est habitué à sa présence... en tout cas à la présence de Dieu. On disait qu'il était partout, qu'il était le grand tout partout. Puis avec le temps, c'est comme si sa présence s'était usée. C'est lourd à porter une présence de tout partout... tout le temps.

Et on ne l'attendait plus puisqu'il était toujours là. On a fini par s'habituer. On le prenait pour acquis et on a fini par ne plus savoir à qui on avait affaire. Il était devenu une habitude… une présence pétrifiée... comme une statue... comme une chose sacrée. Alors tranquillement, il s'est retiré... à ce qu'il semble et a eu l'impression qu'il était disparu. On ne le retrouvait plus nulle part. Le Grand tout partout était devenu un P'tit nulle part... un P'tit nulle part qui a l'air de rien.

 

Chanson : Le Grand tout partout

 

IL FAUDRA SE REMETTRE EN ATTENTE.

 

- Vous êtes en attente

 

Chanson : Je t'attends et tu n'arrives jamais

 

Je t'attends et tu n'arrives jamais

Je t'attends, on m'a dit que tu viendrais

Je t'attends mais tu n'arrives jamais

Je t'attends, je savais que tu viendrais

 

Je t'attendais, je t'attendrai, tu m'attendras

Je t'attendais, tu m'attendras, je t'attendrai

Je t'attendais, je t'attendrai, tu m'attendras

 

Dans ta tendresse, attends-moi...

J'arrive.........................................(bis)

 

Musique

 

Je vous attendais, vous m'attendiez, on s'attendait

Je vous attendrez, vous m'attendrez, on s'attendra

Je l’attendais, vous l'attendiez, on l'attendait

 

Dans la tendresse attendons-le

Il arrive... puisqu'il est là.

 

Liste des monologues

Bozo